Depuis plusieurs jours, le cardinal Barbarin, archevêque de , est mis gravement en cause pour n'avoir pas dénoncé à la justice les agissements d'un prêtre pédophile.

Il se défend en déclarant "qu'en 2007, ce sont des bruits qui courent et ce sont des faits très anciens".

En effet, le cardinal Decourtray (décédé en 1994) est informé en 1991 par des familles de scouts de faits de pédophilie imputables au père Preynat. Il se contente de le déplacer de vers la Loire, où il va continuer à exercer son ministère.

En 2007-2008, Mgr Barbarin, archevêque de depuis 2002, est avisé d'attouchements dans les années 1970 à 1990. Il convoque le père Preynat, l'assurant que ses transgressions ont cessé en 1991. Il est maintenu dans ses fonctions.

Au mois de mai 2015, quatre victimes portent plainte contre Preynat.

Une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de et le diocèse incite le prêtre coupable à partir à la retraite.

Ce dernier est mis en examen, le 27 janvier 2016, pour agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité et placé sous contrôle judiciaire.

François Devaux, une autre victime de Preynat, a incriminé le 4 mars 2016 le cardinal Barbarin et cinq autres responsables. Une enquête préliminaire a été ordonnée par le parquet pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans et mise en péril de la vie d'autrui.

À la base de ces dénonciations, il y a la triste constatation qu'une plainte déposée en 2007-2008 aurait évité l'extinction de l'action publique pour les actes commis par Preynat dans les années 1980.

On trouve, dans la procédure qui vise notamment Mgr Barbarin, l'influence conjuguée de victimes à juste titre traumatisées et indignées et de Bernard Preynat qui, comme il est classique, pour diminuer sa responsabilité, implique sa hiérarchie évidemment au fait, selon lui, de tous ses agissements.

Une excellente double page du Parisien sur cette affaire informe et, en même temps, permet d'affiner la réflexion.

Que les pouvoirs, les institutions, les services publics n'aient que trop tendance à protéger leurs membres, même quand ils sont soupçonnés du pire ou que celui-ci était déjà connu, est malheureusement une évidence. Les exemples ne sont pas rares sur les plans politique, social, judiciaire, médiatique ou culturel. Le réflexe est de faire bloc, de se replier sur soi pour éviter que l'opprobre d'un seul ou de plusieurs rejaillisse sur la majorité.

Alors que l'attitude inverse serait pertinente et efficace. Vite se débarrasser des "brebis galeuses" pour qu'elles n'infectent pas le troupeau et ne dégradent pas sa réputation et son honneur !

Ce qui est déjà difficilement tolérable dans le domaine du profane - en effet, si on attend de l'exemplarité, on ne surestime pas nos dirigeants et nos responsables ! - est en revanche insupportable en matière ecclésiastique. Les prêtres qui faillissent laissent le fidèle dans un état de douloureuse stupéfaction révoltée et, pour ceux qui répugnent à rendre vite à César ce qui relève de César, l'incompréhension, pour le moins, est totale. Il y a des silences, des discrétions et des précautions qui n'honorent pas, des scrupules qui ne font du bien qu'au transgresseur !

Extrait de : Dieu est contre la pédophilie !

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13 mars 2016

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