Le gouvernement a enfin consenti à mettre au programme de la prochaine Conférence nationale du , que le président de la conclura à l’Élysée à la rentrée, la PCH (prestation de compensation du handicap).

Il s’agit d’un chantier qu’il était grand temps d’ouvrir ! En effet, de nos jours, un constat s’impose lorsque l’on évoque la PCH. Celle-ci couvre de façon très largement insuffisante les besoins des bénéficiaires et, par ailleurs, elle n’est toujours pas ouverte aux personnes dont le handicap est lié à l’âge, et ce, alors même que l’article 13 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées stipulait que cela aurait dû être le cas depuis 2010.

Il ne s’agit pas ici, bien sûr, de nier tout l’intérêt de la PCH, bien au contraire. C’est une avancée majeure permise par la loi du 11 février 2005. Seulement, reconnaître la nécessité de ce dispositif ne doit pas pour autant nous empêcher de constater qu’il reste encore un long chemin à parcourir si on veut que ce droit soit pleinement à la hauteur des besoins des personnes en situation de handicap.

La prestation de compensation du handicap permet, notamment, de dédommager un aidant familial, de rémunérer des auxiliaires de vie ou bien encore de financer l’achat d’aides techniques. Mais les modalités de prise en charge des aides techniques (fauteuils roulants, nouvelles technologies, aides aux parents en situation de handicap…) sont à revoir, notamment parce que le reste à charge est souvent encore bien trop élevé pour les bénéficiaires. C’est également le cas des critères d’accès, et ce, afin de permettre au plus grand nombre d’en bénéficier, avec des tarifications et montants de prestations révisés. Rappelons que nous parlons ici d’une population qui vit encore majoritairement sous le seuil de .

Comme si cela ne suffisait pas, la situation se détériore de jour en jour. En effet, les décisions qui sont aujourd’hui rendues par les CDAPH (commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) sont de plus en plus limitatives. La PCH étant versée par les conseils départementaux, il est probable que ceux-ci ne sont pas tout à fait étrangers à cette austérité budgétaire…

Or, nous sommes justement ici au cœur du problème : le financement est très largement insuffisant. Il y a, aujourd’hui, une réelle nécessité non seulement que l’évaluation soit personnalisée et individualisée mais aussi, et surtout, d’une réforme en profondeur !

La secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, , assure vouloir améliorer la PCH, et c’est tant mieux, mais ne soyons pas naïfs à ce sujet. Il y a un véritable enjeu autour de la dotation budgétaire car la vérité, c’est qu’à budget constant, la PCH n’est tout simplement pas en mesure de permettre la dignité, l’autonomie et la des personnes en situation de handicap dans notre pays.

4 août 2019

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