Société nationale maritime Corse Méditerranée () : tout est dans l’intitulé. La société est « nationale » mais avec un actionnaire privé (Transdev-Veolia) et des candidats extérieurs éventuels (un Norvégien qui vient de renoncer), et elle s’occupe de la liaison entre la Corse et le continent. Parmi ses obligations : assurer la continuité territoriale entre des départements français éloignés par la mer… D’où les aides de l’État, que contestent et condamnent les règles de l’Union européenne.

La SNCM fait partie des « bâtons merdeux », ou « patates chaudes, » que tous les gouvernements ont eu à saisir à un moment donné de leur existence. Pourquoi ? À cause de l’obligation de « continuité territoriale », des aides publiques et des règles européennes ? Non, puisqu’à côté, une compagnie au capital multinational – Corsica Ferries – assure des liaisons passagers et fret, depuis Toulon et Nice. Et que la compagnie Corsica Ferries se porte bien… Low coast ? Certes, mais qui s’en plaint ? Corsica n’a pas besoin de subventions, apparemment.

La maladie récurrente de la SNCM s’appelle héritage de vieilles et mauvaises habitudes : sureffectif, particularités diverses du port de Marseille et de son organisation, de son coût, clientélisme insulaire. Curieusement, le gouvernement, en désavouant le président du directoire (qui sort du jeu), semble faire le choix de Veolia-Transdev, qui veut placer la compagnie sous « protection du tribunal de commerce », avec à la clé un passage des effectifs à 500 salariés au lieu de 2.000. Le président de la collectivité territoriale corse, Paul Giacobbi, approuve… Ce n’est donc pas la défense à tout prix des emplois (et de leurs avantages divers) qui motive le gouvernement. Alors quoi et qui?

Pour qui est un “addict” de la série de Canal+ « Mafiosa » (soutenue par les assemblées élues corses !), dont le scénario joue, entre autres, sur le contrôle occulte d’une compagnie de navigation, l’interminable affaire de la SNCM est plus que trouble. Le téléspectateur de la réalité (et pas du feuilleton !) a le sentiment qu’on ne lui dit pas tout. Entre Marseille, la Corse et la SNCM, c’est une partie de bonneteau qui se joue. Qui gagne ? Pas le contribuable, en tout cas !

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