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Militants anti-corrida passés à tabac, campagnes et livres censurés ou frappés d’anathème, enfants retirés à leurs parents pour délit de végétalisme 2. De quoi ont peur ceux qui prétendent faire taire les défenseurs de la cause animale ? Que redoutent-ils, si ce n’est la divulgation de renseignements qui n’arrangent pas leurs affaires sanglantes ? Qui d’autre que la vérité en personne peut prétendre susciter tant de craintes ? Le doute est en effet permis lorsque l’on voit se déchaîner tant de violence : on est généralement face à l’intolérance crasse, l’horreur érigée en gagne-pain ou la vérité dérangeante.

Samedi, l’association L214 annonce sur Facebook son aberrante condamnation judiciaire. Les faits sont les suivants : ayant reçu deux témoignages vidéo faisant état du traitement illégal prodigué aux poules dans deux élevages de France, l’association alerte les autorités vétérinaires et les supermarchés qui en commercialisent les œufs (Carrefour, Super U, Monoprix…). Les exploitants, arguant que les images ont été obtenues sans autorisation, ripostent par une plainte qui aboutira, en juillet, à la condamnation de l’association : interdiction de porter les vidéos à la connaissance du public, réparations financières à verser aux exploitants, frais de jugement et d’appel, et 6.000 euros à sortir de ses modestes poches – ou comment arroser d’argent ceux qui n’en manquent vraiment pas et que l’on combat chaque jour de toutes ses forces. Voilà ce que coûte le fait de mâcher le travail à des autorités visiblement absentes en leur présentant tous les éléments dont elles ont besoin pour juger de la non-conformité d’une situation.

Chers exploitants, maintenant que l’information se propage, voulez-vous aussi faire coffrer ceux qui en parlent ? La décence voudrait pourtant que l’erreur commise et dévoilée au grand jour inspire honte et discrétion aux coupables.

Je vais vous conter une anecdote : lorsque j’étais adolescente, il m’est arrivé plus d’une fois de trouver, à mon retour du lycée, ma mère calmement assise sur le canapé du salon (à la place la plus proche de l’entrée, évidemment, pour que je tombe d’emblée sur sa mine affectée en ouvrant la porte) : elle avait trouvé du tabac dans mes tiroirs. À cet instant terrible qui annonçait de grands sermons, je me scandalisais que ma mère ait fouillé dans mes affaires. Mais si la découverte de ma faute ne reposait que sur la sienne qui était d’avoir violé mon intimité, et que j’estimais donc ma mère aussi coupable que moi, je ne me considérais jamais comme innocente. L’erreur de ma mère n’annulait pas la mienne.

De même, l’on peut condamner la violation sans ignorer l’information qu’elle dévoile. De même, l’on peut admettre que celui qui découvre l’ignoble ne puisse se taire ; il ne faut certes pas chercher à voir ce qui ne nous regarde pas mais, si on l’a vu, c’est trop tard : si la divulgation apporte davantage que le silence, il faut dire. Va-t-on innocenter Cahuzac sous prétexte que c’est une écoute qui nous a fourni les preuves de sa culpabilité ? Va-t-on blanchir le meurtrier sous prétexte que le cadavre caché dans sa cave fermée à clé n’aurait dû être vu de personne d’autre que de lui-même ?

En vertu de ce principe, cette condamnation incompréhensible ne peut que serrer le cœur de celui qui en prend connaissance. Je vous invite donc à soutenir cette association de défense de la cause animale qui est l’une des plus actives et respectées de France, et dont la pérennité est nécessaire pour quiconque est sensible à la souffrance inutile, quotidienne et déchirante de l’animal.

Notes:

  1. Je m’apprête bien entendu à parler de cette grave affaire : http://www.soutien-affaire-joachim.fr/
  2. Je m’apprête bien entendu à parler de cette grave affaire : http://www.soutien-affaire-joachim.fr/

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