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Les affidés de ont osé parler […] de "débat humiliant pour la France"[…].

Pourquoi pas "purge sociale" et "potion autoritaire, conservatrice et libérale" ? […]

Mais débat humiliant parce que les candidats de la primaire ont, à un certain moment, à l’initiative de l’excellent trio qui les a questionnés, abordé les problèmes judiciaires de tel ou tel avec une réflexion plus générale sur l’exemplarité en politique ?

On a rappelé la très ancienne condamnation, en 2004, d’Alain Juppé et je suis persuadé que beaucoup l’ignoraient, tant elle se rapporte à une histoire ancienne qui n’a jamais mis en cause son intégrité personnelle.

Nicolas Sarkozy s’est à nouveau campé dans le statut de victime, avec une fougue qui ne conduisait pas à s’apitoyer sur lui, en évoquant cinq non-lieux alors qu’il a seulement bénéficié de deux et qu’il a omis d’évoquer les procédures qui le menacent encore directement.

Mais là n’est pas l’important. Comment, du côté de François Hollande, a-t-on le front de se gausser de ces échanges de qualité et de les qualifier d’humiliants quand nous sommes confrontés, depuis quatre ans, et encore plus ces derniers jours, aussi bien sur le plan international que national, à l’accablante certitude d’un échec présidentiel total ?

Il ne me semble pas que le mandat de François Hollande ait brillé sur le plan de la moralité publique et il y a des noms qui devraient rendre les socialistes plus précautionneux.

Quel gâchis !

Poutine a ridiculisé la France.

Le président de la République, au lieu d’agir, a consacré un nombre incalculable d’heures à dialoguer avec des journalistes qui ont multiplié les livres et ont présenté à la République un responsable politique qui traitait le présent comme s’il était du passé ; il écrivait ses mémoires en pleine actualité pour éviter non seulement le jugement de la postérité mais celui de l’élection présidentielle de 2017, à supposer que la primaire du mois de janvier le donne déjà victorieux.

François Hollande a, il faut le concéder, accompli un tour de force. Même dans un domaine où Nicolas Sarkozy était indépassable, à mon sens, pour le pire. Avec ses accusations de lâcheté sur la magistrature – j’admets volontiers qu’elle comprend mal la et les politiques -, François Hollande a débordé Nicolas Sarkozy […].

Il est sorti de l’ambiguïté à son détriment et il est significatif de constater que seuls le Premier ministre et Christiane Taubira l’ont soutenu.

Manuel Valls a fondé sa défense sur le comportement et les discours publics du Président mais il a oublié la vilenie judiciaire du livre.

Christiane Taubira l’a remercié pour "les réformes de confiance" qu’il lui a permis d’accomplir. Lesquelles ? Pas l’inutile contrainte pénale qui rejoindra la cohorte des réformes, pour elle trop longuement préparée, mais vite effacée parce que mauvaise.

C’est donc ce pouvoir, cette gauche qui prétendent disqualifier le débat du 14 octobre […].

Aucun des concurrents n’a été médiocre et s’il est clair que les favoris sont déjà crédités d’une adhésion de principe ou au moins d’un regard immédiatement plus bienveillant, personne ne s’est montré indigne même si, pour l’apparence, je regrette ce détail de l’absence de cravate pour . […] L’affectation de jeunisme peut devenir un procédé contre-productif vieux comme le monde.

Débat paraît-il "humiliant" pour ce que François Hollande peut encore compter de fidèles.

Ce qui est humiliant pour la France est d’être présidée par une personnalité qui a trop parlé et qui méconnaît l’honneur qu’il y aurait à se retirer de la compétition à venir sans y être contraint.

Extrait de : Pas vous, pas ça !

15 octobre 2016

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