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Coronavirus - Editoriaux - Société - 6 mai 2020

Pas de baby-boom après le confinement, plutôt du couple blues !

Cruelle déconvenue, nous dit le pôle santé sexuelle de l’IFOP. Alors qu’on ricanait, imaginant que, eu égard à leur réputation, les Français confinés allaient se sauter dessus comme des bêtes effarées, entraînant pour l’automne un spectaculaire baby-boom, il semblerait que, bien au contraire, le confinement les ait rendus fort tristounets et peu enclins aux choses du sexe. Allés voir dans les alcôves et sous les couettes, les enquêteurs n’y ont trouvé qu’ennui et tristesse…

3.045 personnes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées, dressant ainsi un « état des lieux précis de l’impact du confinement sur la vie et l’épanouissement sexuelle et affective (sic) des Français confinés », qu’ils soient seuls ou en couple. Conclusion : le radada est à la baisse. On enregistre même chez tous, célibataires ou pas, « une baisse significative ».

Les chiffres sont parlants : « La proportion de Français n’ayant pas eu de rapport sexuel au cours du dernier mois (44 %) s’avère ainsi presque deux fois plus élevée qu’à l’accoutumée (26 %), sachant que si cette baisse de l’activité sexuelle affecte avant tout les célibataires (-31 points), elle touche également les personnes en couple confinées sous le même toit (-11 points). » Logique, donc, « la proportion de personnes très satisfaites [de leur vie sexuelle] perd 7 points entre l’avant et l’après confinement », célibataires en tête. Ben oui, forcément, difficile de se faire des « plans cul » quand on est confiné ! On a néanmoins payé des enquêteurs pour constater que « le manque d’accès à d’autres partenaires potentiels provoqu[e] sans doute un sentiment de frustration accru ». Qui l’eût cru ?

Quant aux couples, surtout avec enfants, « c’est principalement le stress lié à la situation générale et les conditions du confinement telles que l’absence d’intimité, la forte promiscuité ou encore la présence constante du partenaire qui peuvent expliquer cette baisse d’activité ». Quelle surprise !

Passons maintenant aux « fake news » : non, la vente de sextoys et la consommation de films pornographiques n’a pas explosé. Et si « les activités masturbatoires restent présentes », elles « sont loin de concerner l’ensemble des Français ». Pourquoi ? Parce que « la promiscuité constante avec son conjoint ou d’autres membres de sa famille causée par le confinement réduit ainsi les moments d’intimité pouvant laisser libre court [sic] à ces plaisirs ». Ouh la la, dites donc, on n’aurait pas deviné !

Enfin, il apparaît que « les conditions de vie imposées par le confinement ont créé un niveau d’anxiété, de stress, de trouble du sommeil ou de tension au sein du foyer (enfants, tâches ménagères, perte d’emploi…) pouvant également avoir un impact négatif sur la libido des Français ». Là encore, quelle surprise…

Et alors, comment font-ils, les Français, pour ne pas tourner bourrique ? Ils « trangressent ». Pour les célibataires en allant se confiner de temps en temps chez un partenaire : 6 % ont transgressé le confinement pour retrouver un partenaire sexuel, 25 % pour les personnes en couple qui ne sont pas confinées avec leur partenaire. D’autres se sont évadés sur le Net…

Rassurons-nous, toutefois : dans la grande majorité des cas (60 %), le confinement « n’a pas eu d’impact sur la relation conjugale » des couples, 30 % disant même « que cela les a rapprochés ». Et si 10 % pensent que l’expérience les a, au contraire, éloignés, cela est « particulièrement accentué chez les jeunes couples qui, pour la plupart, vivent leur première expérience de vie conjugale constante et intense ».

Enfin, bonne nouvelle : si 11 % ont envie de prendre le large et 4 % définitivement, 80 % des couples sont prêts à se reconfiner ensemble. Ça, c’est de l’amour ! Heureusement qu’il existe des sociologues pour nous expliquer les choses de la vie…

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