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Editoriaux - Politique - 31 mai 2013

Partis discrédités : pratiquons « l’abstention engagée » !

« Soyons réalistes, exigeons l’impossible », braillaient en mai 68 les disciples en peau de lapin du Che, avant de rejoindre les appartements bourgeois de leurs parents. Ayant atteint l’âge de l’incontinence, ils nous lèguent le mariage homo comme le dernier avatar de leurs fantasmes consuméristes.

Mais être réaliste en exigeant l’impossible, n’est-ce pas ce que font, à leur tour, ceux qui, pour lutter contre la dictature du grand n’importe quoi, en appellent à peser sur l’UMP pour la contraindre à revenir sur le mariage gay une fois revenue au pouvoir ? Ceux qui imaginent, avec ce réalisme qui les a toujours caractérisés, que la droite libérale revienne sur une évolution qu’elle a elle-même inaugurée en 1974 ? Qui a alors placé à l’Élysée en toute connaissance de cause celui que le philosophe Pierre Boutang qualifierait bientôt de « menteur », « pourrisseur » et « fossoyeur » ?

Certes, le manque d’imagination ne réclame aucun courage, surtout quand il s’allie avec l’intérêt bien compris. Frigide Barjot a d’ailleurs ouvert la voie et Jean-François Copé, avec cet air qu’on lui connaît de prendre ostensiblement les Français pour des imbéciles, a déjà demandé aux manifestants d’hier de transformer en bulletins de vote leur légitime colère.

Plutôt que de faire de minables plans de lobbying sur la comète électorale, sachons écouter le pays réel. Nous nous apercevrons alors très vite qu’il n’a pas attendu les stratèges en chambre pour mettre l’imagination au pouvoir. La preuve, il est allé jusqu’à surprendre les partis ! Il les a court-circuités et a la jeunesse avec lui. L’espérance mettra peut-être un peu plus de temps à lever qu’à l’horizon des municipales de 2014, mais ne commettons pas le crime d’enfermer dans un logiciel dépassé ce qui s’annonce bien être, à plus ou moins long terme, une « réforme de civilisation » politique.

Accompagnons-la par notre réflexion et nos engagements quotidiens ! C’est de notre détermination qu’a besoin aujourd’hui le printemps français, pas de notre bulletin de vote. À l’égard de partis discrédités, pratiquons « l’abstention engagée » !

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