Il y a quelques semaines, 21 coptes étaient décapités sur une plage libyenne en raison de leur foi chrétienne. Quelques jours plus tard, 147 étudiants kenyans et chrétiens étaient tués par des islamistes des chebab, dans l’enceinte de leur université, après avoir été séparés de leurs collègues musulmans par leurs bourreaux.

Plus récemment encore, l’État islamique mettait en scène l’exécution de 28 Éthiopiens présentés comme « ressortissants de la croix » et « fidèles de l’Église éthiopienne ennemie ». Ils sont morts parce qu’ils étaient chrétiens et l’État islamique avait mis en scène leur calvaire sous forme d’avertissement pour « tous les chrétiens du monde » : « L’État islamique va s’étendre et arriver jusqu’à vous […], celui qui embrassera l’islam ou payera la djizia (impôt auquel sont soumis les non-musulmans) vivra en sécurité. Quant aux autres, les hommes seront tués ; les femmes réduites en et les biens seront confisqués. »

Pourtant, parmi eux, se trouvait un musulman, Jamaal Rahman. Une information révélée par l’Institut pontifical des missions étrangères.

Selon les informations recueillies auprès d’un militant chebab somalien, cet homme aurait décidé de rester à leurs côtés.

Selon le journal Somaliland cité par le site Aleteia, deux hypothèses peuvent expliquer la mort de ce jeune musulman aux côtés des martyrs chrétiens.

D’abord, Jamaal Rahman a pu se convertir au christianisme et décider de ne pas renier la foi qu’il venait d’embrasser, préférant la mort comme les 27 chrétiens assassinés avec lui. L’hypothèse est crédible puisque, dans la vidéo, les hommes ont été appelés par l’un des islamistes à abjurer leur foi chrétienne pour confesser la foi islamique. Aucun d’entre eux ne l’a fait, pas même Jamaal Rahman.

Autre hypothèse, tout aussi crédible et peut-être même plus probable : l’homme se serait porté volontaire, en face des djihadistes, pour subir le même traitement que ses compagnons d’infortune.

Une présence qui aurait pu retarder l’exécution ou même sauver le groupe ? Pas pour ces djihadistes assoiffés de sang.

Quelles qu’aient été les raisons de sa présence parmi les victimes chrétiennes, cet homme est mort comme un chrétien. Comme les autres victimes de cette mise en scène atroce, Jamaal Rahman a été présenté comme un « croisé » qui n’aurait qu’une idée en tête : « tuer des musulmans ». Sa présence souligne un peu plus encore l’absurdité des accusations portées par l’État islamique contre les chrétiens de pays dans lesquels ils sont absolument légitimes.

Son sacrifice rappelle aussi celui de Mahmoud Al ’Asali, ce professeur d’université irakien et musulman qui s’était opposé à la persécution des chrétiens dans sa ville de Mossoul et avait été tué par des islamistes.

Leur courage mérite d’être salué, a fortiori parce qu’il est exceptionnel. Il rappelle qu’il existe des musulmans que les horreurs perpétrées par l’État islamique révoltent et qu’ils ne doivent pas être oubliés, tant ils risquent également leur vie. Il rappelle qu’il existe dans ces pays déstabilisés des musulmans de bonne volonté qui souffrent des mêmes guerres interminables que leurs compatriotes chrétiens. Il rappelle également que si la critique de certains dogmes et pratiques de l’islam est légitime, les musulmans ne peuvent être considérés comme un bloc uniforme.

Ces hommes ont été sauvagement assassinés parce qu’ils étaient justes, et qu’ils savaient que ces chrétiens ne méritaient aucunement de mourir. Qu’ils reposent en paix.

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