On le sait, nos concitoyens accordent peu d’intérêt au Parlement européen. Pourtant, la plupart des lois qui régissent désormais notre pays et ce qu’il reste de sa souveraineté y sont discutées et votées, ce qui fait dire aux détracteurs de l’Union européenne que les gouvernements nationaux sont désormais de simples chambres d’enregistrement. Ce « machin », comme disait à son époque le général de Gaulle avec dédain à propos de l’ONU, est devenu le lieu incontournable où se joue notre avenir.

D’où l’importance de peser réellement dans les débats et d’investir au maximum les commissions. C’est ce qu’ont bien compris sept partis politiques européens dont le Front national français qui n’a, à ce jour, que trois représentants (Les Le Pen père et fille et Bruno Gollnisch), mais ambitionne en mai prochain d’arriver en tête des autres formations politiques françaises. Et compter au Parlement européen, c’est avant tout faire partie d’un groupe parlementaire.

Ainsi donc, six partis « nationaux » – Front national (France), Ligue du Nord (Italie), Démocrates suédois, Vlaams Belang (Flandre), SNS slovaque et FPÖ (Autriche) – se sont réunis le 14 novembre, à Vienne, pour finaliser une entente. Un septième parti, le Parti pour la liberté (Pays-Bas), a d’ores et déjà annoncé son intention de les rejoindre.

« Le temps où les mouvements patriotes étaient divisés, étaient impressionnés, parfois terrorisés par la diabolisation, est terminé. Nous, les partis patriotes qui avons des points communs essentiels dans le combat commun contre l’UE, nous allons mettre nos forces en commun […] Nous espérons pouvoir constituer une force commune après l’élection européenne », a déclaré Marine Le Pen.

Une telle alliance n’est évidemment pas sans émouvoir les médias qui ont commenté cette annonce avec les mots et expressions apocalyptiques habituels… Si on n’ose tout de même aller jusqu’à évoquer ouvertement une fantasmatique Internationale noire, le quotidien Libération fait part avec un mépris non dissimulé d’une « réunion des extrêmes […] négligeant leurs rancœurs légendaires, délaissant le mépris mutuel qu’ils se portent les uns les autres, parfois depuis des lustres… » et plus terrible encore, la volonté de ces partis de « mettre un terme à l’isolement international du FN ».

Que font donc ces partis présentés comme extrémistes et antiparlementaires, dénoncés comme dangereux, sinon de jouer le jeu démocratique et donc de prétendre aux mêmes avantages que les autres partis ? Mais c’est peut-être bien là ce qui explique le courroux de leurs détracteurs : une raison simplement sonnante et trébuchante. « La création d’un important groupe populiste au Parlement européen pourrait bouleverser la donne, notamment en matière de moyens financiers. Les chiffres de 2013 montrent que les principaux groupes au Parlement européen ont reçu chacun plus d’un million d’euros », indique LesEchos.fr.

Une manne financière qui tombait jusque-là dans d’autres poches politiques… On comprend mieux pourquoi la création d’un tel groupe parlementaire n’est pas du goût « démocratique » de tous…

2 décembre 2013

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