Décidément, , petit caïd du 9-3, ne peut pas s’empêcher de faire parler de lui : déclarations tapageuses et quasi insultantes à l’égard de Valérie Pécresse lors de la dernière campagne des régionales, qu’il a magistralement perdues ; gestionnaire calamiteux, et probablement peccamineux, de son département, au point que le parquet de Bobigny a ouvert une enquête contre X ; farouche opposant à l’idée que l’on sache ce qu’il possède, incluant, dans ce secret, sa somptueuse maison de Seine-Saint-Denis. Bref, ce monsieur ne semble vivre que du bruit qu’il entretient autour de sa petite personne.

Il se trouve que le ci-devant président de l’Assemblée nationale – car il ne vous a pas échappé que, même battu aux régionales, Bartolone a retrouvé son perchoir et son fromage – a un frère, prénommé Renato. Ce Renato tient, depuis des lustres, un restaurant italien en plein cœur du VIe arrondissement, dont on dit qu’il est la cantine du PS tant les éléphants du parti ont coutume de s’y retrouver pour refaire le monde. Eh bien, comme n’importe quel prince héritier d’Arabie, le gargotier Renato vient d’être décoré. Alléluia ! Une étoile au Michelin ? Vous n’y êtes pas. Un article dans 3 Étoiles Magazine ? Encore raté ! Le grigri, c’est l’ordre du Mérite, rubrique « Économie nationale ». Le motif ? Avoir vendu des pizzas et des osso-buco pendant trente-quatre ans. Si vous allez imaginer que la double circonstance de se nommer Bartolone et de remplir la panse des caciques du PS a eu une quelconque influence sur l’octroi de cette médaille, c’est vraiment que vous avez mauvais esprit. La République a ses valeurs, avec lesquelles on ne transige pas ! Non, mais !

La remise de médaille vient d’avoir lieu. Où ça ? me demanderez-vous. L’endroit le plus adapté aurait été le restaurant du monsieur, que l’on aurait « privatisé » l’espace d’une remise et d’un gueuleton arrosé de chianti et de valpoliccela. On aurait fait venir des joueurs de mandoline coiffés de canotiers autour desquels virevolterait un essaim de jolies Napolitaines : É la festa ! Tout faux ! La cérémonie s’est déroulée dans un palais national, l’hôtel de Lassay, résidence du grand frère, président de l’Assemblée nationale. On nous dit que l’aubergiste a tout payé ; c’est bien la moindre des choses.

Ce qui est déplacé dans cette affaire, c’est que les palais nationaux ne sont pas mis à la disposition de quelques privilégiés pour leurs plaisirs personnels, à la manière des petits marquis de jadis. Ce qui est encore plus choquant, c’est qu’un bistrotier qui a trôné un tiers de siècle derrière son zinc soit considéré comme méritant au point d’en être médaillé. Quid du tourneur-fraiseur qui a passé autant de temps derrière sa machine ? De la femme de salle qui pousse son balai dans les chambres de l’hôpital depuis trois dizaines d’années ? Etc. Si Renato Bartolone, sur son seul activisme, a mérité de l’économie nationale au point de voir fleurir sa boutonnière, alors ils sont des millions dans son cas.

Finalement, le frère Claude pourrait se recycler dans l’organisation de remises de médailles : une manière de « rebondir » après sa probable raclée de 2017.

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