L’Église fête aujourd’hui la résurrection du Christ, convaincue que le drame terrible vécu vers l’an 30 en Judée et son dénouement extraordinaire se rejouent depuis lors dans la vie des chrétiens et des nations chrétiennes, tout particulièrement dans la vie de notre nation qui fut si souvent le phare du catholicisme. Même lorsqu’elle l’ignore, la semble en effet vivre de façon cyclique la vie et la mort du Christ.

Ainsi, au cours de cette semaine liturgique, comme chaque année, chacun a joué inconsciemment son rôle. Dimanche dernier, où se célébrait la fête des Rameaux qui commémore le souvenir de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, les églises de France étaient aussi bondées que les rues de Jérusalem jadis. Jeudi et vendredi, lorsque l’Église commémorait le dernier repas du Christ avec ses disciples – la Cène – puis la mise à mort ignominieuse de Jésus – la Passion -, les participants aux offices étaient réduits au petit cercle des derniers disciples comme jadis.

Historiquement aussi, la France rejoue régulièrement le récit de la vie du Christ. De même que Jésus commença par former des disciples et par prêcher aux foules, la France a régulièrement généré de grands saints et de grands prédicateurs : saint Martin de Tours, qui christianisa les campagnes françaises au IVe siècle, saint François-Xavier, qui alla prêcher jusqu’au Japon au milieu du XVIe siècle, ou encore le Curé d’Ars, qui sans quitter son clocher réévangélisa la France redevenue païenne au début du XIXe siècle.

De même que la résurrection de Jésus fut précédée dans les Évangiles par sa trahison et son exécution, la France fut régulièrement mise à mort au cours de son histoire : lors de la guerre de Cent Ans, des 40 ans de guerres de religion, des dix ans de chaos et de Terreur révolutionnaire ou encore des quatre années de l’Occupation. Après cela, et alors même que tout semblait perdu, la France se releva plus forte et plus admirée que jamais, avec Jeanne d’Arc en 1429, avec Henri IV en 1594, avec Bonaparte en 1799, avec de Gaulle en 1944.

Depuis quarante ans, la France a de nouveau connu la trahison : ses dirigeants politiques et sa caste sacerdotale – universitaires et journalistes en tête – ont manœuvré dans la nuit pour causer sa perte. L’Église et la nation française ont été mises au banc des accusés. Tout comme les légionnaires de Ponce Pilate ont injurié et humilié le Christ, la classe dirigeante n’a pas cessé d’insulter les Français – ces ignobles beaufs racistes. Comme le Christ a été flagellé et cloué sur une croix, les Français ont été livrés à une délinquance de plus en plus arrogante et de plus en plus violente. De même que le Christ est mort par asphyxie, l’économie et la culture française ont subi ce supplice. La France est morte, ses partisans comme ses bourreaux en conviennent.

Quelques-uns assurent cependant qu’elle est ressuscitée comme le Christ au matin de Pâques.

Ils disent qu’ils l'ont vue vivante, lors des manifestations géantes de 2013 ; ils disent qu’ils l’ont vue vivante, à l’occasion des scrutins électoraux qui ont suivi ; ils disent qu’ils l’ont vue vivante dans les rues de Paris et sur les réseaux lorsqu’il s’agissait de défendre les chrétiens d’Orient ou d’Afrique égorgés au nom de l’islam. Si cela est exact, et si, comme l’affirmait Tolkien, le christianisme est un mythe vrai, alors nous ne devrions pas tarder à voir éclore une génération de prédicateurs, de missionnaires et de saints, qui rendront la France à elle-même et qui en feront le phare de l’humanité.

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5 avril 2015

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