Le a annoncé, mardi 21 octobre, que le Saint-Père se rendrait en Turquie du 28 au 30 novembre prochain. Un voyage en “terre christianophobe” où l’on islamise à tour de bras…

Lors de sa rencontre avec le en mai dernier à , le patriarche orthodoxe, Bartholoméos Ier, avait convié le Saint-Père à venir célébrer à Constantinople (Istanbul) le 30 novembre prochain la fête de la Saint-André, l’un des 12 apôtres et fondateur, selon la tradition chrétienne, de l’Église d’Orient. Si la dimension œcuménique et religieuse demeure la motivation principale de ce voyage, les autorités turques ne manqueront pas d’y associer une dimension dont le Saint-Père se serait bien passé.

Mais comme chef de l’État du Vatican, le pape n’a guère le choix : le protocole l’oblige de commencer sa visite à Ankara pour y rencontrer son homologue Erdoğan, le Premier ministre turc ainsi que le président du Conseil des affaires religieuses. La rencontre avec ce dernier sera particulièrement intéressante car ce Conseil supervise l’organisation et la “liberté des cultes” dans ce pays officiellement laïc, mais très majoritairement musulman. Une liberté religieuse toute relative, qui n’existerait que sur le papier pour les catholique et se heurterait à une “christianophobie” institutionnelle dont la virulence n’aurait rien à envier aux pays musulmans les plus radicaux.

L’Église orthodoxe n’est pas mieux lotie : comme pour l’Église catholique, la Turquie ne veut pas admettre la personnalité juridique du Patriarcat orthodoxe d’Istanbul. Ankara lui dénie surtout son caractère œcuménique, en refusant de reconnaître le patriarche Bartholoméos comme le chef spirituel des quelque 300 millions d’orthodoxes répandus dans .

La Turquie islamise à tour de bras : l’église d’Ereğli (en grec Heraclea) vient d’être « convertie » en et ouverte au culte musulman. C’est la neuvième église orthodoxe, dédiée à Sainte-Sophie, que la Turquie transforme en mosquée depuis quelques années, avec en particulier l’historique église Sainte-Sophie de Nicée, où se tint le septième concile œcuménique (787). Il faut ajouter à cela l’affectation au culte musulman du monastère Άγιος Ιωάννης ο Πρόδρομος (Agios Ioannis Prodomos), le plus ancien édifice chrétien subsistant à Istanbul.

Quant à la huitième merveille du monde, la célèbre basilique Sainte-Sophie de Constantinople, elle pourrait bientôt connaître le même sort. Les ultras du parti islamo-conservateur n’ont pas renoncé à vouloir remettre la main sur cet emblème de la conquête ottomane, qu’Atatürk avait transformé en musée. À moins qu’elle ne soit rendue à… son culte d’origine, comme l’a réclamé récemment le patriarche Bartholoméos, demandant qu’un débat s’instaure sur cette question lors de l’éventuel processus d’admission de la Turquie dans l’Union européenne. On peut toujours rêver, mais ce serait l’occasion ou jamais !

23 octobre 2014

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