, migrants : pape François et laïcs chrétiens.

Alors que les derniers propos du pape (La Croix du 3 février) ajoutent à l’exigence d’accueil des migrants le devoir de les intégrer, une réflexion sur le positionnement qu’il me semble juste d’avoir chacun, clercs et laïcs, dans nos actions et nos espaces-temps respectifs.

Conformité ou mutation ?

Avoir raison sur le fond ne veut pas dire nécessairement avoir raison dans l’action.

C’est ce que le pape François a compris : il ne se focalise pas sur ce qui est, il dit ce qui permet le mouvement, le changement.

Réduire l’Autre à son erreur factuelle ne le fait pas forcément avancer. C’est comme répéter 200 fois dans la journée à un enfant qu’il a fait une faute de langage ou de propreté. Cela nous donne raison 200 fois sur le fond mais 195 fois tort dans l’action : la précision devient souvent inhibition ; on ne fait pas avancer quelqu’un en lui martelant qu’il est nul mais en lui disant qu’on croit en lui.

Passer à l’âge adulte

À nous laïcs (chrétiens ou pas) de jouer notre rôle élémentaire, sans attendre d’autorisation (“Rendez à César ce qui est à César…”). On a parfois la sensation, à écouter les réactions des uns et des autres, d’enfants attardés qui se battent, fayots ou rebelles, pour la reconnaissance du (Saint) Père.

Le royaume temporel est, pour nous, un lieu de règne exclusif et sans partage où il est urgent de se mettre en position d’initiative et de leadership.

Quant à ce qui doit l’inspirer, les choses sont claires depuis longtemps : tout est dit, déjà, depuis saint Thomas d’Aquin et réexpliqué très clairement dans la doctrine sociale de l’Église.

Sur la base, donc, inutile de réinventer et, n’en déplaise aux “premiers communiants de la politique” que l’on retrouve sur certains blogs cathos au cœur tendre, le match de l’élémentaire est à trouver aujourd’hui davantage dans les constats et propositions alternatifs que chez les intermittents de la conviction qui saturent les allées du pouvoir et des (et sont en flagrant délit d’échec).

Il s’agit, pour commencer, d’empêcher de nuire les malfaisants (avec un vrai trio , Armée, – la majuscule n’est pas de trop) et, pour finir, de faire vivre et prospérer notre .

Voilà 40 ans, tout de même, que l’on se tortille pour des histoires d’opprobre et de médiatiques sur les sujets-clés que sont l’autorité, la subsidiarité, la sécurité, la protection du plus faible, l’identité, la culture, etc. La cruelle actualité, hélas, nous y amène, enfin.

Sortir de nos cases

Reste la vision qu’un pape doit donner à un contexte particulier pour préparer le temps d’après. Il n’est pas pilote de gouvernement mais messager universel à l’intime des personnes. La préparation du futur impose de faire lever les énergies qui pourront permettre l’action.

Nous sommes à une phase-clé de la confrontation de l’ avec lui-même. Sauf à tout détruire et à se détruire lui-même, l’islam doit se redéfinir. Il a le choix, précisément, entre continuer à se définir “contre” ou commencer à se définir “avec”. Il a un aggiornamento à faire sur ses textes meurtriers.

De notre côté, il y a des populations à interpeller (en termes de comportement individuel et pas politique !) par notre exemplarité de charité, notre propre lutte avec nos vieux démons. C’est peut-être là que l’absence de hiérarchie dans l’islam peut paradoxalement nous aider, et c’est là aussi que le radical recentrage du pape sur la charité a un sens méta-historique pour nous, catholiques, et pour le monde entier.

Insensé ? À vue humaine, oui…

Laissons donc le pape – avec le Wi-Fi mondial de discernement qui est le sien – donner le souffle du temps futur. Et prenons, nous laïcs, la pleine mesure actuelle et la pleine marche du royaume temporel : rattraper sans trembler les fonctions régaliennes qui sont en tout point vacillantes dans notre pays.

4 février 2017

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