semble toujours inconsolable de la destruction de la cité de Palmyre par l’État Islamique. Moi je m’en f…complètement. Ces lieux n’ont déjà plus aucune âme. La destruction du corps est donc logique. 

Si les ruines sont belles c’est qu’elles sont sauvages, elles surprennent par leur acharnée au temps, malgré la solitude, leur faiblesse et l’abandon. L’émotion qu’on ressent en contemplant ces gloires passées provient de leur déchéance. Un escalier immense orne le flan d’une colline dans l’île d’Egine. On tombe dessus par hasard, on gravit les degrés faits de blocs gros comme des camions pour arriver à une petite chapelle posée sur le sol de ce qui devait être un parvis ou une salle. C’est la plus belle ruine que je connaisse. Je m’arrête, triste et rêveur au milieux des fantômes et  médite sur l’immortalité. 

À l’inverse je  me souviens, à ma grande surprise, avoir été un peu déçu quand j’ai visité le Parthénon. Il y a quelque chose d’étrange, de contre nature même, au spectacle de ces murs éternellement croulant et du sol couvert de débris numérotés. Quel intérêt? Quel est le but ? Veut on que ce chef d’œuvre perdure ou veut on qu’il périsse? La réponse est ni l’un ni l’autre : on observe en voyeur la décrépitude d’une ancienne gloire, sans jamais la guérir mais en refusant de la laisser mourir, en faisant juste assez pour qu’elle continue de nous amuser. Malsain, pas vrai ? Oh vous n’êtes pas d’accord ? Alors expliquez moi pourquoi on a pas reconstruit le Parthénon à l’identique si c’est vraiment le Parthénon que vous admirez ! Dites moi donc pourquoi il faut que la colline qui surplombe Athènes soit coiffée de ce squelette grotesque et patibulaire ? Si vraiment Palmyre était pour vous un chef d’œuvre, pourquoi les trois quarts de sa structure gisaient encore dans le sable? La vérité c’est que vous avez visité Palmyre pour voir la ruine de Palmyre et non Palmyre elle-même. Et bien c’est fini vous ne pourrez plus et c’est bien fait !

C’est bien fait pour cet occident pour qui le passé est mort, pour qui l’ancien est affaire de musée, et qui plante des vagins ou des homards dans ses palais, tous aussi vides que Palmyre. C’est bien fait pour nous qui ne produisons plus rien de beau et qui du coup vouons une dévotion pitoyable à la moindre moulure de plafond pourvu qu’elle date d’avant la première guerre mondiale. 

L’ nous envoie un message salutaire en détruisant Palmyre :  « Cessez de pleurer vos églises détruites, remplissez les. Cessez de pleurer les civilisations perdues, protégez la vôtre. En règle général cessez de pleurez. Agissez. »

Vous y voyez un crime, moi j’y vois une belle leçon de foi, de et de virilité.

5 septembre 2015

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