Dans son interview inspirée du 14 juillet, quelques heures seulement avant l’effroyable massacre de Nice, se disait résolu à lutter contre ce qui lui semblait être la principale menace actuelle, à savoir le populisme. Lucide et courageux, notre grand timonier martelait : "Ce qui nous menace, c’est la montée des populismes, mais je ne me laisserai pas intimider par les menaces."

On retrouvait là en filigrane la brillante analyse de Patrick Calvar, le chef du renseignement intérieur français qui pensait pouvoir venir à bout de la menace terroriste, mais qui jugeait très préoccupantes les réactions et « la radicalisation de la société » engendrées par ce terrorisme, au point de suggérer de "dégager des ressources pour nous occuper d’autres groupes extrémistes", pour lutter contre l’ultra-droite. Le patron de la DGSI, interrogé par une commission parlementaire, se gardait bien de donner sa définition de l’ultra-droite en question, mais on peut néanmoins s’en faire une petite idée dès lors que les médias encadrants qualifient couramment d’extrémiste toute personne qui émet une opinion conservatrice ou patriote et tout individu qui émet une critique au sujet de la mondialisation, de la construction européenne, de la politique migratoire ou de l’islam. L’état d’urgence a ainsi permis la fermeture de sites islamo-critiques comme celui de l’abbé Guy Pagès, lequel a été obligé de trouver un nouvel hébergeur… en Corée du Nord ! Notons que nos voisins allemands semblent avoir le même de priorité puisque la police a mené, le 14 juillet, une opération simultanée dans 14 länder permettant l’interpellation d’une soixantaine d’individus auteurs de « messages haineux » sur Internet, pour l’essentiel de propos hostiles aux « réfugiés ».

De telles opérations, menées dans des sociétés pacifiées, poseraient déjà le problème de la régression des libertés fondamentales, mais dans les circonstances actuelles, les priorités de nos dirigeants sont surréalistes, pour ne pas dire criminelles ; non pas parce que la menace de l’ n’existerait pas, mais au contraire parce qu’elle est potentiellement mortelle pour notre pays et notre civilisation - du moins ce qu’il en reste.

Alors, dans le fond, vous avez raison, Monsieur le Président, Il existe bel et bien en France, en Allemagne et presque partout dans le monde, une véritable extrême droite, intolérante, sexiste, homophobe, raciste et antisémite, une qui s’en prend méthodiquement aux symboles de la liberté d’expression, de la convivialité et du vivre ensemble, une extrême droite délictuelle et criminelle, une extrême droite qui, ces dernières années, a déjà assassiné froidement des centaines d’hommes, de femmes et des enfants en France, des centaines de milliers de personnes dans le monde, des États-Unis aux Philippines en passant par le Nigeria et le Bangladesh ; cette extrême droite que vous n’avez ni le courage ni la lucidité de dénoncer, pas même de nommer, c’est l’islamisme.

Alors oui, Monsieur le Président, il est grand temps de lutter résolument contre l’extrême droite ! Sans cela, il se pourrait que vos sujets se lassent de vous voir suivre des cercueils avec votre mine faussement déconfite, et finissent par vous considérer comme moralement et pénalement responsable des prochains monceaux de cadavres.

380 vues

15 juillet 2016

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.