Il n’aura échappé à personne que les médias français, rompant avec leur règle tacite de ne jamais révéler le nom, la nationalité, et encore moins l’origine ethnique d’un délinquant, ont immédiatement donné l’identité du monstre qui a enlevé, violé et tué la petite Chloé.

Il ne se passe pas un jour en France sans qu’on n’ait à déplorer meurtres, viols, agressions diverses, et ne parlons pas des vols et des dégradations, ce que les médias appellent les « incivilités ». Selon les médias, tous ces délits, quand ils les rapportent, sont le fait de « personnes », « d’hommes », le qualificatif de « jeunes », autrefois employé, étant désormais discrédité.

Zbigniew Huminski, 38 ans, avait été interpellé peu après la découverte du corps de Chloé. Contrairement à la plupart de ses compatriotes, ce Polonais n’est pas blond aux yeux bleus, et il n’a pas eu le temps d’adhérer au Front national, puisqu’il était encore en la veille de l’agression. Mais les médias rajoutent cependant qu’il voulait s’engager dans la Légion étrangère, sans préciser qu’il avait été éconduit.

Je veux déplorer ici la « stigmatisation » qui est faite d’un peuple digne et respectable. Les immigrés polonais sont parmi les premiers installés en France, la plupart regroupés dans le Nord, à l’époque où l’industrie minière avait besoin de bras. Ils se sont intégrés facilement dans la société française sans faire parler d’eux autrement que pour souligner leur ardeur au travail.

J’ai visité la Pologne l’année dernière, lors de la fête nationale qui coïncidait avec la canonisation du pape Jean-Paul II, Karol Wojtyła, éminent Polonais ; les drapeaux nationaux et les couleurs du pape étaient arborés sur la moitié des habitations du pays.

La capitale, Varsovie, détruite pendant la guerre, a été reconstruite en moins de vingt ans à l’identique. C’est aujourd’hui un pays apaisé où, apparemment, il fait bon vivre, un peuple discret, élégant, courtois, où les serveurs sont serviables et les passants aimables. Le garde-barrière salue le passage du train en tenue, les rues sont d’une propreté méticuleuse, les piétons et les automobilistes attendent que leur feu passe au vert. Les policiers qui circulent dans les rues sont de grands costauds, attentifs aux moindres dérapages. Ils doivent faire respecter l’espace public, celui de tout le monde, et donc de personne en particulier, afin que tous se sentent en sécurité. Pour autant, il ne s’agit pas d’un État policier. La fête bat son plein et la bière coule à flots dans les cafés étudiants qui pullulent dans Varsovie. Mais c’est là le domaine privé où vous faites ce que bon vous semble. Le taux de délinquance en Pologne est très faible.

Après avoir dénoncé le plombier et le routier polonais qui viennent « manger le pain des Français », les médias français déconsidèrent un pays tout entier parce qu’il a produit un monstre ; mais la France en produit par centaines tous les ans.

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