rassemblera les personnes et personnalités de divers horizons que les droites désespèrent – et qu’alarme aussi d’une certaine façon la gauche, avec la déliquescence avancée de notre système politique. Cela, alors qu’il y a péril en la demeure : notre pays perd pied, c’est de plus en plus manifeste.

Il s’agira de travailler à l’élaboration d’une plate-forme d’engagements, dans la perspective de l’échéance de 2017. Dans notre situation, toute initiative visant à faire dialoguer ceux qui veulent sincèrement œuvrer au redressement de la France est à marquer d’une pierre blanche. J’y participerai, j’invite chacun à en faire autant.

Cette démarche, il faut le dire, est une façon de prendre acte — alors qu’il se fait tard, et si détestable que soit le constat —, de nos impasses et de l’inanité politique, à ce jour, de notre camp — celui des citoyens conscients des enjeux vitaux qui se pressent à notre encontre, et soucieux du défi que représente notre avenir —, celui de nos enfants. Ce camp est pourtant puissant dans le profond de notre peuple et dans les forces vives qui lui demeurent attachées…

Qui peut penser que tout se réglera, en 2022, si ce n’est en 2017 ? Ni en 2017, ni en 2022, mais hic et nunc, ici et maintenant, dans le cadre d’une percée politique qui reste à réaliser, autour d’une charte, d’un manifeste, d’un cahier de doléances, comme on voudra l’appeler — le reste suivra si l’effort est bien mené.

On peut, toutefois, douter qu’une série de débats animés par des intellectuels délivrant leur parole — prévisible, déjà connue — permette d’aller beaucoup plus loin qu’une manifestation brillante, mais sans lendemain.

Pour remédier à cela, il faudrait, dans la foulée de Béziers, mettre en place un forum Internet indépendant, pour y faire converger toutes les contributions, y prolonger tous les débats nécessaires — avec une modération de nature à garantir la bonne foi comme la bonne tenue des débats, bien entendu, ainsi que leur non-confiscation partisane. Un outil collaboratif mais structuré, permettant d’intervenir à distance et chacun selon son rythme ou ses disponibilités, en un mot : moderne, pratique, efficace. Nous pourrions ainsi prolonger les journées de Béziers.

Cet outil pourrait même être, à terme, pourquoi pas, l’embryon d’états généraux d’une nouvelle sorte visant à refonder la cohérence de notre société, et à lui permettre de reprendre en main son destin — avec le concours de tous, et dans la recherche non pas du consensus politicien mais de la concorde autour de ce qui est primordial.

Le débat loyal, la quête de la part de vérité commune que nous pouvons atteindre, la recherche de dénominateurs communs, la hiérarchisation des objectifs, voilà ce qui sera déterminant, pour que nous trouvions un passage, pour que nous sortions de l’ornière dans laquelle, sinon, nous finirons par disparaître, corps et biens.

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