Un jeune homme, étudiant à Sciences Po et « militant antifasciste », Clément Méric, dix-huit ans, a été attaqué en pleine rue, à Paris, dans l’après-midi de mercredi, par plusieurs jeunes gens, supposés membres des Jeunesses nationales révolutionnaires qui s’en sont aussitôt défendues et nient toute implication. Des témoins présents sur les lieux de la rencontre et de la bagarre rapportent des invectives, une bousculade, et « des coups qui partaient ». L’un des agresseurs a projeté Clément Méric contre un poteau en fer qu’il a heurté de la tête. « Laissée inanimée, la victime a été déclarée quelques heures plus tard en état de cérébrale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. »

Cet acte odieux doit être condamné sans réserve. Les auteurs de ces violences, d’ores et déjà identifiés, semble-t-il, et arrêtés, devront en rendre compte devant la justice.

À peine ces faits survenus et connus, des amalgames ont été répandus, en imputant la responsabilité aux manifestants contre le mariage gay, aux catholiques traditionalistes, aux intégristes, au Front national, aux Identitaires. Des cris de vengeance ont été lancés, des demandes d’interdiction formulées. Rien ne justifie, en l’état, ces extrapolations partisanes.

Pour ma part, si j’ai pris récemment la tête d’un Comité pour la défense des quatre Identitaires de Poitiers, qui réclamaient un référendum sur la construction des mosquées et l’immigration, c’est très précisément parce que les actions de ce groupe (occupation de la mosquée en travaux ou de la terrasse de la rue de Solférino) n’avaient rien de violent et s’inscrivaient dans le cadre d’un militantisme avoué mais conscient de ses responsabilités et de ses limites. Il ne viendrait à l'idée de personne de réclamer la dissolution de Greenpeace ou d'Act Up qui utilisent pourtant des méthodes similaires pour « donner de la visibilité » à leur combat.

Que ce soit dans la rue, que ce soit sur , nous disons oui au combat des mots, oui à la bataille des idées, non à la rixe et au caniveau. Sans armes et sans violence, pour reprendre la célèbre formule de feu Albert Spaggiari. Les poings américains ne font pas partie de notre arsenal, les couteaux sont faits pour rester dans les tiroirs ou au vestiaire. La Liberté est assez grande pour se défendre toute seule.

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6 juin 2013

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