Petit à petit, à l’approche de la primaire de la droite et du centre qui aura lieu en novembre prochain, les projets économiques des candidats se dessinent. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, tenait le 3 mai un grand rassemblement sur le plein-emploi, tandis que l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Alain Juppé, sortira la semaine prochaine son livre intitulé Cinq ans pour l’emploi. Un point commun entre les deux hommes : un programme essentiellement axé sur les entreprises.

Fin des 35 heures, fin du CDI, facilitation des licenciements économiques, suppression des emplois aidés, refonte de toutes les aides sociales, alignement des conditions de travail des apprentis sur celles des salariés ou encore instauration de la TVA sociale… le programme économique de François Fillon, proche d’ailleurs pour l’essentiel de celui d’Alain Juppé, a de quoi faire plaisir à monsieur Pierre Gattaz et au MEDEF ainsi qu’à l’APEC (Association pour l’emploi des cadres).

Je voudrais, ici, revenir plus précisément sur une mesure proposée par les deux candidat à la primaire de la droite et du centre — l’instauration de la TVA sociale — et essayer d’expliquer pourquoi je crois que cette mesure est une nécessité.

Il faut rendre nos entreprises plus compétitives. Dans ce but, égaliser les conditions de concurrence avec l’étranger, en transformant notre système de prélèvements sociaux, représenterait bien sûr un gain de compétitivité non négligeable.

En France, les cotisations sociales, qui sont parmi les plus élevées au monde, pèsent exclusivement sur le travail. Et on s’étonne encore de voir nos entreprises supprimer des emplois ?

Plutôt que de faire financer en totalité notre protection sociale par les cotisations des entreprises et des salariés, il serait plus judicieux de faire reposer une part du financement sur la consommation. Bien sûr, j’entends déjà l’objection principale : “D’accord, mais ça aurait fatalement une influence sur les prix au consommateur…”

Eh bien non, car l’augmentation de la fiscalité sur la consommation viendrait compenser une baisse correspondante des charges sociales qui pèsent sur les salaires et, donc, par un jeu de vases communicants, du prix de revient. En réalité, seul augmenterait le prix des produits importés, permettant ainsi le financement de notre protection sociale. De plus, cela présenterait un gros avantage pour les entreprises françaises puisqu’elles ne seraient plus handicapées, comme c’est le cas actuellement, par la charge des cotisations sociales.

Si nous voulons que nos entreprises recrutent, il est évident qu’elles doivent avoir beaucoup plus intérêt à investir sur le territoire national… Alors, à quand une TVA sociale ?

9 mai 2016

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