C’est au tour du Sénat d’examiner la loi Travail. Celle-ci fut en partie modifiée lors de son examen par la commission des Affaires sociales, qui s’est achevée dans la nuit de mercredi à jeudi. Principale modification : la fin des 35 heures. C’est une bonne chose.

Le gouvernement Jospin, en instaurant les 35 heures, a fait une erreur. Son erreur est d’avoir confondu l’épanouissement personnel et la durée du travail. À quoi bon travailler moins si, en contrepartie, on obtient stress au travail et peur (en l’occurrence, du licenciement) ? Les conditions de travail se détériorent considérablement et, si cela est difficilement acceptable d’un point de vue moral, c’est aussi grandement infructueux d’un point de vue économique.

D’autant que, pendant que les conditions de travail des salariés se détériorent à vue d’œil, certains grands patrons, eux, s’attribuent des salaires exorbitants, à l’image de Carlos Ghosn, PDG de Renault. Comment l’accepter ?

Il devient urgent de repenser l’équilibre entre dirigeants et salariés ! La solution contre les excès du capitalisme actuel porte un nom : “la participation”. La participation au sens, bien sûr, où l’entendait le fondateur de notre République c’est-à-dire « l’association digne et féconde de ceux qui mettent en œuvre à l’intérieur d’une même entreprise soit leur travail, soit leur technique, soit leur bien ». Ainsi, le salarié deviendra associé et sera responsable, comme le chef d’entreprise, du fonctionnement de l’entreprise. Et puisqu’il en sera responsable, il va de soi qu’il sera également associé au bénéfice, au capital et aux décisions de l’entreprise.

La participation n’a jamais été mise en œuvre à grande échelle et c’est dommage. Plusieurs millions de salariés bénéficient déjà, soit de l’intéressement au bénéfice, soit de la participation au capital avec acquisition de titres ; ils ne s’en plaignent pas, au contraire, puisque cela représente, en moyenne, 150 euros de revenu supplémentaire par mois.

La participation des salariés au capital de l’entreprise permettrait, de surcroît, à l’entreprise de ne pas constamment avoir au-dessus de la tête l’épée de Damoclès que constituerait une OPA et donc, par voie de conséquence, lui donnerait la possibilité d’entreprendre une stratégie à long terme sans êtres dépendante des sautes d’humeur de la Bourse.

En démontrant au salarié qu’il a la possibilité de participer au progrès social tout en développant son épargne, on peut légitimement nourrir l’espoir de diriger vers les entreprises des masses monétaires considérables.

Enfin, et de façon complémentaire à son rôle de sauvegarde et de dynamisation de l’économie nationale, la participation à grande échelle peut donner la possibilité aux salariés de devenir, aux côtés des dirigeants, de réels acteurs du fonctionnement de l’entreprise.

9 juin 2016

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