Dans un papier publié dans FigaroVox le 10 novembre dernier intitulé « La leçon d’ de M. Schmidt », Luc Poyer, président du directoire d’E.ON France, se souvient d’un débat mené par Helmut Schmidt en 2013 sur le rôle du « couple franco-allemand ». Débat au cours duquel l’ancien chancelier rappelle que pour la France et l’Allemagne, l’ doit mettre en place un gouvernement économique européen.

Je voudrais ici essayer d’expliquer pourquoi je crois que cet objectif du couple franco-allemand est une nécessité.

On entend souvent que les difficultés de l’Europe économique et monétaire tiennent à une insuffisance d’Europe, alors même que l’Europe détient déjà les principaux leviers de la économique et que la politique budgétaire laissée aux États est sévèrement encadrée, notamment par le TSGC. Non, le problème vient d’une part du fait que les Européens sont prisonniers d’une idéologie passéiste qui a prouvé ses limites (ultralibéralisme) et d’autre part du fait qu’il existe, compte tenu de l’hétérogénéité des pays qui la composent, des déséquilibres importants entre les économies nationales qui empêchent toute politique économique unique profitable à tous.

Le bilan n’est pas bon pour la France avec une qui représentait 93,5 % du PIB en 2013 et un déficit public qui, lui, s’élevait en 2012 à 4,8 % du PIB.

Certes, a déclaré récemment que le programme d’achat d’actifs de la Banque pourrait être poursuivi au-delà de 2016. Ce qui est une bonne chose, mais en vérité la pratique une politique du « trop peu trop tard ». Que font les Américains, par exemple ? Ils réduisent l’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui fabriquent sur le sol national, ils adoptent des législations anti-OPA et font de leur banque centrale un instrument de la concurrence en faisant fluctuer les taux d’intérêt et les taux de change à leur convenance. Ils ont une politique monétaire beaucoup plus volontariste et – résultat des courses – la des États-Unis est au plus haut depuis 11 ans.

Arrêtons de croire que l’euro a homogénéisé les économies nationales : c’est tout le contraire car elle a exacerbé leurs divergences. Pour preuve, l’écart d’inflation entre l’Allemagne et la France se creuse. En mars 2013, l’indice des prix à la consommation en glissement annuel en France s’est accru de 1,1 % dans sa définition européenne harmonisée (IPCH). L’indice IPCH allemand est, lui, ressorti à 1,8 % pour le même mois.

Cette situation ne peut plus être acceptée et des réformes doivent êtres mises en place comme celle, justement, d’un gouvernement économique de la zone euro qui serait autorisé à donner des orientations (notamment de change) à la Banque centrale européenne afin de mieux réagir aux politiques américaine et chinoise de dévaluations compétitives.

Si un tel projet ne voit pas le jour, alors la France devra en tirer les conséquences et sortir de l’euro.

26 décembre 2015

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