La présence de nombreux détenus islamistes dans nos devait aboutir à un drame. À Osny, dans le Val-d’Oise, le drame a été évité de justesse. Jusqu’à la prochaine fois. Dimanche 4 septembre, au moment du départ en promenade, un détenu a agressé un surveillant avec un poinçon. L’homme a échappé de peu à la mort, la gorge transpercée par l’arme qui est passée à 2 millimètres de sa carotide. Un de ses collègues, également blessé au bras, s’est porté à son secours. L’auteur des faits aurait eu le temps de badigeonner la porte de sa cellule avec le sang de sa victime et de lever les mains en signe de prière. Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une information judiciaire pour tentative d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste.

Cela devait arriver parce que nos prisons, à la capacité insuffisante, sont surpeuplées et qu’il est impossible d’y isoler les détenus dangereux. Cela devait arriver parce que les détenus sont largement issus des rangs de l’ et pratiquent leur en . Cela devait arriver parce que la haine ne s’arrête pas aux barreaux d’une cellule et que les surveillants, aux conditions de travail dégradées, sont en contact permanent avec ces fous. Cela devait arriver parce que les détenus islamistes se soutiennent et se concertent les uns les autres et réussissent à organiser ce genre d’attentat. Et parce que les prisons sont des passoires où pénètrent quotidiennement armes, téléphones et drogues.

Une fois encore se pose la question de mettre hors d’état de nuire des individus aux profils variés, détenus pour des causes très différentes les unes des autres, dont les seuls points communs sont d’être des racailles de bas étage et de se reconnaître dans un islam « des prisons » dont la pauvreté théologique ne doit pas masquer la intrinsèque. Tous les détenus ne sont pas fichés “S”, tous ne sont pas poursuivis pour des actes terroristes, tous n’ont pas revendiqué leur appartenance à l’islam à l’occasion des crimes et délits qu’on leur reproche. Mais tous sont entassés dans les mêmes lieux. On constate le résultat.

Depuis des mois, voire des années, les responsables syndicaux tiennent un discours alarmiste qui tranche avec la béate satisfaction des pouvoirs publics. Ils exposent, comme Jean-François Forget — secrétaire général de l’UFAP-UNSA —, que les prisons sont de véritables poudrières. Et ils se fâchent : « Ces individus ne doivent pas se rencontrer, et il faut qu’il y ait au moins trois surveillants par détenu. Mais l’on préfère mettre en place des programmes qui n’ont ni queue ni tête. Nous sommes fatigués de ce mot de “” qui ne veut rien dire. » « À Osny », poursuit-il, « ces détenus reçoivent des massages de masseurs professionnels et des cours d’escrime… »

La réponse à ce cri d’alarme ne viendra ni de nouveaux gadgets tendance Taubira, ni même de la construction de nouvelles prisons – pourtant indispensables. Elle ne peut procéder que de l’isolement individuel dans des établissements dédiés de tous les individus dangereux, de préférence loin du territoire métropolitain. Ce qui pose des problèmes de droit difficiles : sur quels critères, pour quelle durée, avec quel budget ? Et l’état de notre droit ne le permet pas. La réponse n’est pas technique, elle est politique. Hautement sensible, mais indispensable. Quel responsable politique aura le courage et la lucidité de proposer un tel projet, sans formules toutes faites ni démagogie ?

7 septembre 2016

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