70 ans après l’horreur, un ex-troufion « boche » vient d’être débusqué, qui va porter sur ses séniles épaules et sur sa conscience, pour autant qu’il ne soit pas "alzheimerisé", le poids de la barbarie d'Oradour.

Qu’il me soit (à nouveau) permis de porter témoignage, puisque aussi bien, en dépit et à cause de mon âge et la proximité de l’événement du 10 juin 1944, j’en garde un souvenir aussi bref qu’intense !

« Les Allemands ont brûlé Oradour, les Allemands ont brûlé Oradour ! » C’est avec ces mots lancés par un voisin entrant en trombe dans le magasin de mes parents dont j’assurais la « permanence » du haut de mes 6 ans passés que, dans notre bourg, distant de 40 km environ de la cité martyr, j’ai appris la nouvelle, apportée comme une vague par la rumeur du téléphone arabe.

À la terreur provoquée par l’ de toute une bourgade proche est venue ensuite, avec des nouvelles colportées par des estafettes bénévoles, se superposer l’horreur de la réalité, à savoir le massacre de toute la population dans des conditions inimaginables en terre européenne. Tuerie planifiée et organisée en représailles par une division du Reich aux abois, après les meurtres commis dans la ville de Tulle.

Si les parents ont sans doute continué d’évoquer cet événement tragique en sourdine, un silence passif s’est installé, comme pour conjurer le sort et protéger les enfants des conséquences psychologiques de cette odieuse opération « punitive » contre des innocents.

La dont je me souviens, alors que ma conscience naquit sous ce régime, était faite de système "D", d’autosuffisance et de débrouillardise qui rendaient la vie quotidienne bienveillante, dans la mesure où aucun uniforme allemand n’était apparu dans notre champ visuel. C’est le privilège des régions austères - voire pauvres - de ne pas connaître la misère, lorsque les privations et les actions guerrières menacent ailleurs le pays.

Les tracas dans la région étaient davantage venus des exactions commises par des « partisans » revanchards et autres maquis communistes ayant embrigadé des républicains espagnols et commettant réquisitions, rapines et parfois assassinats contre de prétendus « collabos », planqués, et autres déserteurs de la bonne cause.

Après avoir chanté « Maréchal, nous voilà » quelque temps sous la conduite du maître d’école, les hymnes avaient changé en 1944 et les drapeaux sortis sur les façades arboraient la croix de Lorraine fraîchement peinte. profonde, acquise au vainqueur, comportement humain réaliste…

À la Libération, le souvenir de la tragédie d’Oradour s’était presque occulté comme par une sorte d’exorcisme et, que je sache, des commémorations nationales y ont rarement été célébrées...

Il aura fallu attendre septembre 2013 pour qu’un président allemand se rende sur place, sans qu’il y prononce repentance, comme nous savons, nous autres Français, si bien le faire à l’égard de toutes nos « victimes » (sauf peut-être les Vendéens et les Albigeois ?).

Werner C. avait 19 ans au moment des faits pour lesquels il est inculpé. Le bidasse obéissant à des chefs qui ont échappé à la justice va répondre en leur nom de cette tragédie qui réveille bien tard les bonnes consciences...

Et parce qu’ils furent les « vainqueurs », les maquisards tricolores, auteurs d’assassinats commis pendant cette guerre, ne furent jamais jugés…

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11 janvier 2014

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