Un homme arrive, un autre part… Le continent sud-américain a gagné un pape et perdu une momie. Le pâle bien que bronzé Nicolas Maduro, successeur désigné d’Hugo Chavez, vient en effet de le confesser : on ne va pas pouvoir embaumer le grand homme. Le est trop « avancé », si l’on peut dire.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé, mais rien n’y a fait : ni les thanatopracteurs de La Havane, ni les momificateurs du Kremlin, ni les prestidigitateurs de Pyongyang ou de Pékin, pourtant tous spécialistes de la rigidité cadavérique à la sauce communiste.

Il faut dire, et ce pauvre Madura n’y est pour rien, que l’embaumement est une drôle de cuisine. Déjà pas facile à réaliser sur de la viande fraîche, alors sur un malheureux très largement post mortem, et même peut-être plus encore qu’on nous l’a dit d’ailleurs, on n’ose imaginer.

M. Pavel Fomenko, un spécialiste qui s’était chargé avec quelques confrères amis de raidir le vénéré Kim-Il-sung pour l’éternité socialiste, a décrit pour la presse la marche à suivre : « Pour commencer, on retire tous les organes internes, les veines sont purgées avec une solution, le sang est extrait des tissus. Le corps est placé dans une baignoire de verre remplie de solution d’embaumement, refermée avec un couvercle, et recouvert d’un drap blanc. » Et de temps en temps, sans doute, on soulève le drap pour vérifier la marinade. Petit à petit « l’eau dans les cellules du corps est remplacée par la solution ». « L’embaumement dure environ six mois », dit M. Fomenko. Hummmmmmm…

Quand on voit comment on a le dessous des orteils après une heure dans le bain, on se demande ce qui peut bien rester.

Enfin bon, comme on vous le disait plus haut, la question risque de ne pas se poser, la trempette du commandant Chavez ayant pris du retard pour cause d’exposition à la foule. Il aurait fallu faire un détour par la baignoire avant d’aller au mausolée. Les Vénézuéliens en auraient été fort marris et M. Mélenchon aussi.

Bon, qu’on se console. Les Russes auront bien une idée, eux qui nous ont agité sous le nez pendant des décennies des Khrouchtchev de carton-pâte et des Brejnev en papier mâché dont on tirait les bras avec des ficelles.

Comme Lénine, Ho Chi Minh et Mao, Hugo Chavez – embaumé ou cireux – finira quand même enchâssé. Le paradis socialiste réclame ses saints et leurs reliques. À cette différence, diront les croyants, que les âmes pures se conservent toutes seules. Elles n’ont pas besoin de mariner dans le formol.

15 mars 2013

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