Nos pédagogues de 68 ont assené aux petites gens, lesquelles ont docilement renoncé à s’instruire, qu’elles construiraient elles-mêmes leur savoir. Avec sollicitude, on a efficacement dégradé la formation des profs pour les y aider. Ce fut donc le torpillage en règle de l’instruction, l’avilissement de la morale, du beau, du vrai, du bien. Et le bateau a commencé à gîter, à prendre l’eau.

C’est le désastre de l’Éducation nationale de monsieur Meirieu (qui s’indigne, en cette rentrée littéraire 2015, que les ouvrages de pédagogie proposés – des Bescherelle, par exemple – illustrent « le triomphe du sauve-qui-peut et de l’individualisme »).

Ce naufrage prévu arrive donc, avec, à côté, de petites embarcations plus ou moins vaillantes qui s’en éloignent à toutes rames, emportant avec elles les enfants que la République française (pas la France, ce n’est pas ça, la France) a précipités dans l’indigence.

Alors, aujourd’hui, les écoles hors contrat ont le vent en poupe. On a le choix entre les petites chaloupes bien étanches de papa-maman haut placés, en partance pour l’étranger, où il y a sans doute moins de risque de guerre, et plus sûrement la possibilité de faire carrière, et les radeaux des médusés, qui n’avaient pas prévu que ça se passerait comme ça, et qu’un prêt conso ne suffira pas à sauver, mais qui trouvent leur espérance dans le sourire insubmersible de madame le ministre de l’Éducation nationale, qui veille sur l’accès au savoir-nager en fin de collège, et pas avant.

Mais il y a aussi les petits esquifs coraniques, les madrassas, bien équipés grâce aux fonds étrangers. Un projet d’ouverture d’une école privée islamique hors contrat a ainsi vu le jour à Brest. Dans son programme officiel, le site du Centre islamique et culturel de Brest ne mentionne même pas d’enseignement en mathématiques, histoire, géographie… seulement l’expression orale et écrite en arabe, récitation psalmodiée du Coran. Son directeur, l’imam Rachid Abou Houdeyfa, se fait remarquer par de fraternelles et joviales leçons d’endoctrinement aux enfants circulant sur le Net. Le recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou, le préposé à la taqqiya de sa communauté, a fait le job sur France Inter en déclarant que cet imam devait “être mis dans un asile psychiatrique”.

Najat Vallaud-Belkacem donnera-t-elle son feu vert ? Les principaux soutiens sont le maire socialiste de Brest, et le quotidien Le Télégramme qui endort honteusement les Brestois en offrant à cet imam une belle tribune rassurante titrée “L’imam brestois qui hérisse les djihadistes” !

Rappelons les propos d’Abdennour Bidar, normalien, philosophe, à propos de sa propre religion (l’islam) dans un article paru en juin dans Le Figaro : “Sans hystériser le sujet, reconnaissons qu’il y a bien en France une question de l’islam, faute d’une démonstration convaincante, à travers une évolution suffisante de la culture islamique, de sa compatibilité avec les valeurs de la République.” Si nos médias se gardent de donner de l’ampleur à cette affaire, soyons certains que la communauté musulmane, elle, remarquable de fécondité, s’intéresse de près à la réponse – posée comme par exprès en période électorale, qui est rarement celle du courage.

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