Editoriaux - Médias - Politique - Télévision - 27 juillet 2016

On ne devrait pas faire l’honneur aux terroristes de sortir de l’anonymat

Un adage dit : “Peu importe qu’on parle de moi en bien ou en mal, l’important est qu’on en parle”. Daech pourrait très bien endosser cette formule à l’aune des attentats dont ils se disent opportunément les auteurs ! En effet, qui connaîtrait Daech si les médias n’en avaient pas parlé en boucle, suscitant ainsi le prosélytisme dans le monde musulman ?

Sans le vouloir, les médias ont nourri la bête et lui ont donné une importance telle que le monde islamique s’est trouvé divisé en deux : les musulmans modérés plus ou moins amalgamés, et les musulmans radicalisés de la mouvance salafiste ou wahhabiste.

Assurément, notre politique au Moyen-Orient pour le moins ambiguë, pour ne pas dire ambivalente, est en cause, mais peut-on accepter qu’à chaque attentat commis par quelques déséquilibrés ou fanatiques en mal de reconnaissance, des médias diffusent leur visage en boucle, raconte leur vie comme si c’étaient des héros dont nous devrions inscrire le nom dans les dictionnaires ?

Aussi, il est temps que tout cela cesse et qu’à événements exceptionnels on utilise moyens exceptionnels, quitte à violer le sacro-saint droit à l’information.

En d’autres termes, en cas d’attentat, les chaînes de télévision devraient se contenter d’annoncer les faits, mais elles ne devraient pas diffuser des images et encore moins donner des identités.

Tout devrait rester dans l’ombre pour éviter de faire la lumière sur Daech. Voilà une des mesures très importantes que devrait prendre le gouvernement : interdire tout battage médiatique autour des terroristes.

Quel intérêt auront, alors, ceux-ci de disparaître, s’ils le font dans l’anonymat le plus total ?

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