À qui la faute s’il pleut et si les eaux montent ? Qui est le vrai responsable de la crue de 2016 ? Je me pose des questions, n’y voyez pas malice. Et j’ai ma petite idée sur cette question-là, pour tout vous dire. Je crois que le climat a bon dos et qu’il faut chercher plus loin.

En 1910, Édouard Drumont, publiciste antisémite bien connu, avait eu cette réflexion d’une logique implacable : si la Seine est entrée en crue, c’est parce que les eaux n’ont pas été endiguées en amont de Paris ; et si elles ne l’ont pas été, c’est parce que l’amont de Paris a été déboisé. Et qui possède les entreprises de déboisement ? Je vous le mets dans le mille : les Juifs. Conclusion du syllogisme : les Juifs sont à l’origine de la crue.

Quant à nous, les hommes éclairés de 2016, nous savons bien que les Juifs ne sont pas derrière tous les malheurs du monde. Nous savons bien que Drumont était fou. Mais alors, qui donc est responsable des débordements d’aujourd’hui ? Personnellement, je subodore qu’un autre genre d’individu, autrement plus nuisible et plus sournois – j’ai nommé le Français de souche – pourrait bien avoir trempé dans cette affaire.

Je n’ai pas de preuve irréfutable de ce que j’avance. J’émets des hypothèses. J’observe simplement que le Français de souche, depuis quelques années déjà, est à l’origine d’un assez grand nombre de désastres. Voyez : il a enfermé ses congénères de la diversité dans des ghettos où ils sont acculés aux trafics et aux larcins pour survivre ; il a monté les Français les uns contre les autres, répandu la haine et le ressentiment ; il a commis le crime d’amalgame ; il a fait grimper la délinquance, le repli communautaire, la radicalisation et le Front national, à lui tout seul.

Ce n’est pas tout : ce Drumont-la-Joie, cet homme-Deschamps, ce Zouave trop blanc dont la cruelle devise est : « J’y suis, j’y reste ! » a refusé de sélectionner Karim Benzema et Hatem Ben Arfa, qui ont tant fait pour l’honneur et la gloire du football français. La dernière sélection pour l’Euro ne présente qu’un seul joueur d’origine maghrébine, à peine quatre musulmans et une petite douzaine d’hommes de couleur. C’est encore un peu trop de visages pâles ; on saura qui accuser si la France perd contre l’Allemagne en demi-finale.

Vous voyez que je ne vous mens pas : l’hexagonal pur porc est un type vicieux et néfaste. Il prépare toujours un mauvais coup. Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’il a fomenté les inondations de 2016. Pour paraphraser Drumont, tout vient de l’hexagonal, tout revient à lui.

6 juin 2016

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