Rémy Mahoudeaux révélait, ici même, il y a quelques jours, que l’Éducation nationale, jamais en retard d’une bêtise, se proposait de diffuser comme outil pédagogique une brochure de l’Organisation mondiale de la santé traitant de « Standards pour l’éducation sexuelle ». Dès avant ses 4 ans, l’enfant devrait, selon ces déments, recevoir une information sur “le plaisir et la satisfaction liés au toucher de son propre corps, la masturbation enfantine précoce et la découverte de son propre corps et de ses parties génitales”.

Les compétences visées étant que l’enfant puisse “devenir conscient de son identité sexuelle ; parler des sensations (dés)agréables dans son propre corps ; exprimer ses propres besoins, désirs et limites, par exemple en “jouant au docteur””. Visiblement, l’OMS ne sait pas à quoi employer ses 4,5 milliards de dollars de budget, puisqu’elle tente maintenant de faire exploser le déliromètre avec une nouvelle proposition aussi folle : faire accéder les personnes qui ne parviennent pas à trouver un partenaire sexuel au statut de handicapé !

Combien de fois, dans ma jeunesse, des blondes à fortes poitrines ont-elles refusé de danser avec moi en mentant effrontément : « Naaann, je garde le sac à ma copine ! » Eh bien, je l’ignorais, mais comme monsieur Jourdain faisait de la prose, j’étais handicapé sans le savoir… Et parfois au point que si j’avais fait jouer la législation française, j’aurais peut-être eu droit à « l’assistance d’une tierce personne », dont la décence m’interdit de décrire ici une prestation que l’Organisation mondiale de la santé n’a pas encore prévue. Pour l’heure, elle propose seulement que les hommes et femmes célibataires, ainsi que les homosexuels des deux sexes, qui veulent avoir des enfants aient le même accès à la fécondation in vitro que les couples infertiles pour raisons médicales. Puisque ce serait des handicapés…

Mais comment un organisme qui, en 1990, faisait sortir l’homosexualité de la liste des maladies mentales, peut-il aujourd’hui proposer de les considérer comme des handicapés, c’est-à-dire comme des malades ? En fait, l’Organisation mondiale de la santé veut ainsi proposer un nouveau droit de l’homme universel, le “droit à se reproduire” pour tous, y compris pour les personnes qui, tout simplement, ne trouvent pas chaussure à leur pied. De nombreuses critiques fustigent bien évidemment ce projet, remarquant que l’OMS dépasse les bornes en tentant de médicaliser les difficultés relationnelles de certains. Heureusement pour elle, cette proposition ne fait partie que des “directives” de l’OMS et ne s’impose donc pas aux États. Encore heureux !

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