Editoriaux - Histoire - International - Médias - Presse - 19 août 2016

Omran, le petit rescapé d’Alep : mais qui est responsable de cette guerre ?

Il y a eu Aylan, le petit noyé retrouvé sur une plage de Turquie et dont la photo a ému le monde au point d’ouvrir les frontières de l’Europe à des millions de migrants. Il y a eu Vlad, le petit garçon tué par un obus ukrainien au Donbass mais dont la photo n’a été publiée qu’avec parcimonie puisqu’il incarnait une mauvaise cause médiatique. Il y a eu, cette semaine, s’étalant à la une de tous les médias, la photo ou la vidéo du petit Omran, 5 ans, assis dans une ambulance, avec son regard absent.

Des photos d’enfants victimes des guerres qui sèment mort et désolation au Proche-Orient, les rédactions en reçoivent tous les jours des dizaines. Alors, pourquoi celle du petit Omran nous est-elle jetée à la figure ? Pour nous rappeler l’horreur quotidienne que vivent les habitants d’Alep assiégée ? Pour nous émouvoir de ce que ce peuple syrien subit depuis mars 2011 ? Pour nous supplier d’apporter notre aide à cette ville martyre ? Oui, pour toutes ces raisons, le visage ensanglanté d’Omran, tout étonné du sang qui coule de sa blessure, heureusement sans gravité, nous interpelle. Mais pourquoi cette image est-elle soudainement utilisée comme le fut celle d’Aylan ?

La presse internationale nous parle d’un bombardement dû “à l’aviation de Bachar el-Assad ou à la Russie”. Mais l’on ne peut pas ne pas se souvenir des fausses accusations diffusées par cette même presse sur les bombardements de civils de bombes chimiques, ou d’obus détruisant là une école, ici un hôpital, et dont les auteurs se sont révélés être des djihadistes ou des rebelles dits modérés.

La bataille d’Alep restera l’une des plus féroces batailles de rue de l’Histoire, à l’instar de celles de Berlin ou de Stalingrad. On se demande, à la vue des photos et des films, comment peuvent encore y vivre un million et demi d’habitants. C’est un immense champ de ruines. Les « rebelles », dont certains se battent entre eux pour garder la mainmise sur un quartier, et les soldats de l’armée régulière s’affrontent par obus interposés. Parfois avec l’aide de bombardiers. Attaques et contre-attaques se succèdent, terrorisant les civils dont les victimes se comptent, chaque jour, par dizaines. Comment s’abriter de ces obus qui éclatent sans but précis dans ces ruines ?

La bataille du quartier de Jamiat Al-Zahraa, au sud-ouest de la ville, est terrible. Les « rebelles », que la presse russe n’hésite pas à désigner comme des « terroristes », résistent actuellement au moyen de voitures piégées, mais pour combien de temps ? Et qui arme ces rebelles qui se battent aux côtés de ce qu’il reste de l’Armée syrienne libre ? Rebelles qui sont effectivement des terroristes lorsqu’ils appartiennent à des mouvements comme Al-Qada, Al-Nosra, Ahrar-Al-Cham, et que la France, l’Angleterre, les États-Unis ont puissamment armés, et continuent à armer ; quand ils ne leur envoient pas des conseillers militaires, comme le font les Américains, dont plusieurs dizaines de soldats seraient enfermés dans Alep.

Alors, le petit Omran et sa famille ont peut-être été victimes d’une bombe russe dont l’objectif était de détruire un nid djihadiste, mais qui prolonge cette guerre civile en fournissant armes et munitions à ces rebelles ? Qui s’acharne – n’est-ce pas, Monsieur Hollande ? – à vouloir à tout prix liquider Assad pour le remplacer par un rebelle auréolé d’un beau croissant vert ?

Ce malheureux enfant représente à lui tout seul des milliers de petites victimes tombées sous les obus russes, syriens mais aussi français, américains, anglais. Ne l’oublions pas !

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