Après sa formidable prestation dans Intouchables, on a beaucoup parlé d'Omar Sy, il est devenu une vedette, il est apprécié, il est aimé, il se trouve dans la liste des personnalités préférées des Français selon Le Journal du Dimanche, il vit aux États-Unis avec son épouse et ses quatre enfants mais paie ses impôts là-bas et en France, il joue dans un nouveau film, Samba, notamment avec Charlotte Gainsbourg et sans doute, à nouveau, sera-ce un grand succès.

Parce qu'il y est et qu'il a atteint cet état de grâce où une personnalité dépasse ses œuvres et les illumine même si, peut-être, elles ne sont pas forcément brillantes.

avait tout pour devenir insupportable.

Pourtant, non seulement il a su résister mais, mieux, la célébrité lui a offert la chance de se déployer, de se transcender ; il ne s'est pas dégradé sous l'effet de la gloire artistique et de l'adhésion populaire.

Il a accueilli l'une et bénéficié de l'autre avec la sérénité et la gentillesse de qui n'oublie pas le début du chemin et ne se rengorge pas pour l'avenir. Tout est beau, tout est miraculeux mais tout peut finir.

[...]

Intelligent, modeste, sans aucune vulgarité, lucide sur ses capacités mais empli d'un bonheur contagieux qui n'oublie pas les autres, tranche déjà par rapport à tant d'artistes dont on se demande s'il était bien nécessaire de les questionner.

[...]

Nathalie Chuc (TV Magazine) l'interroge : "Qu'avez-vous ressenti lorsque le Front national a remporté une victoire historique aux élections européennes ?"

Étrange curiosité qui sonne comme une discrimination. Pourquoi se manifeste-t-elle à l'égard d'Omar Sy ? Parce qu'il est noir ? Parce qu'il serait plus concerné que d'autres par le FN ? Parce qu'il convient de le rendre partisan ?

Mais la réponse d'Omar Sy est une merveille.

Alors qu'il n'est pas un acteur ou un chanteur qui, ainsi sollicité, ne serait pas tombé dans le politiquement et le médiatiquement correct, qui n'aurait pas entonné la diatribe obligatoire attendue, espérée par le journaliste, qui flatté n'aurait pas joué à la conscience morale et à l'éveilleur civique — je songe à Pierre Arditi, à Patrick Bruel, par exemple —, Omar Sy a transgressé, avec une finesse extrême, les codes et lumineusement démontré qu'on pouvait être citoyen sans être un artiste bêtement et absurdement engagé.

Absurdement, en effet, car qui pourrait attacher plus de crédit aux propos d'un bateleur au prétexte qu'il s'autoriserait de sa notoriété pour convaincre dans des matières où il n'est pas plus compétent que quiconque ? Mais il est si difficile de ne pas succomber à la vanité qui surgit presque inéluctablement quand les journalistes vous font la grâce de vous prendre pour un penseur ou un analyste politique sans que vous soyez crédité de la moindre légitimité pour cela !

Je vous fais languir. Savez-vous ce qu'Omar Sy a répondu ?

Rien n'est à jeter et tout est à peser.

"Aujourd'hui, on me tend le micro sur n'importe quel sujet. Mon métier est d'être acteur. J'ai mon opinion, bien sûr, mais je la garde pour moi. Ce n'est pas mon métier de commenter l'actualité".

La classe !

Sy seulement tous étaient comme lui !

Extrait de : Sy seulement ils étaient comme lui !

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13 octobre 2014

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