« Les pédiatres conseillent de préparer psychologiquement les enfants, en leur expliquant que ça “gratouille” mais que ce n’est pas un geste douloureux. Le test est désagréable de la même façon pour un adulte que pour un enfant. Pas plus », écrivent nos confrères de Libération, suite à l’annonce d’, lors de la conférence de presse de jeudi soir, d’avoir « monté un protocole qui vise  à dépister jusqu’à un million d’enfants et d’enseignants par mois, ce qui est énorme. En descendant le dépistage jusqu’à l’âge de 6 ans. »

Devant déjà supporter le port du masque à l’école, et tout ce que cela implique physiquement et psychologiquement, les mains irritées par les nombreux lavages au gel hydroalcoolique, privés de réunion de famille avec leurs aînés pour ne pas les contaminer, nos enfants, suffisamment culpabilisés, devront, en plus, subir des antigéniques « partout là où ça fait sens », précise le ministre.

Le variant anglais du virus inquiète les autorités, soucieuses de maintenir les établissements scolaires ouverts. Nos enfants sont-ils « porteurs sains », de « très faibles transmetteurs » ou, désormais, fortement contagieux ? Selon une étude de l’Institut anglais de santé publique PHE (Public Health England), ce variant ne causerait pas davantage d’hospitalisations ni de décès pour le même nombre de personnes infectées que la souche « traditionnelle ». Il ne serait donc pas plus virulent, mais bien plus contagieux.

« On n’a pas de données précises sur les enfants, on ne sait donc absolument rien pour le moment. Pour savoir si ce virus circule davantage et s’il est plus contagieux pour les enfants, il faut les tester », souligne, dans Libération, Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie et chef du service des urgences pédiatriques du CHU de Nantes.

Encore un protocole et des interdictions

Faute de connaissances suffisantes (et, bien en amont, d’avoir réglé la question du nombre de lits hospitaliers qui crée ce risque de saturation), nos autorités répondent de manière administrative en imposant un nouveau protocole et de nouvelles interdictions de déplacement avec ce couvre-feu à 18 h généralisé. Avec 12 millions d’élèves accueillis par près d’un million d’enseignants, de personnels d’éducation, d’administration et de direction, comment le ministère parviendra-t-il à tester, chaque mois, jusqu’à un million d’enfants et d’enseignants ? Y aura-t-il suffisamment de volontaires pour se faire tester ? Les dépistages seront-ils obligatoires ?

Les internautes n’ont pas tardé à réagir vivement à cette nouvelle annonce : « Mais comment peuvent-ils dire de telles énormités quand les infirmières manquent dans les EHPAD, dans les hôpitaux, et qu’elles sont présentes un jour ou deux par semaine au collège ? De qui se moque-t-on ? » D’autres s’interrogent sur l’autorisation parentale requise : « Parce que collège et lycée, il y a des mineurs. Et ils n’ont pas le droit de faire des tests sans autorisations parentales. » Ou le très jeune âge des enfants testés : « À partir de 6 ans ? Vous pouvez vous le mettre dans le Q votre coton tige géant bande d’incapables ! » En attendant, une coordination entre rectorats, préfectures et agences régionales de santé devra se mettre en place pour suivre ce nouveau protocole. Quant aux questions du manque de personnel soignant ou des conséquences psychologiques sur nos enfants…

15 janvier 2021

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