Obamacare : Trump déconstruit le Parti républicain…

Ainsi, le Speaker Ryan a dû retirer son projet de loi sur l’abrogation de la loi sur la santé « à bon marché » passée par Obama en 2007. Ryan, l’arrogant faux jeton qui snobait le candidat Trump, doit déjà affronter des appels à la démission en provenance des républicains révolutionnaires. Ryan, technocrate « à la Juppé », s’est pris les pieds dans le tapis en lançant un projet concocté en secret, qui respirait bon le marécage des donateurs électoraux. Un Obamacare light, moins cher, mais toujours inscrit dans une vision subventionnaire…

Les démocrates pavoisent… mais point trop. Car « leur bébé », va exploser. Un bébé agressif, qui déshabillait Pierre pour habiller Paul, en vue de s’attacher une clientèle électorale à vie. Mais les sociétés d’assurance quittent le système. Intenable…

Dans un monde normal, le retrait du « Ryancare » serait une mauvaise nouvelle. Car les mille milliards de dollars économisés par le plan (première étape : « 100 % républicaine ») étaient destinés à financer les baisses d’impôts (deuxième étape : adjonction des démocrates modérés), lesquelles devaient faciliter en sus le rapatriement de plusieurs milliers de milliards de fonds parqués à l’étranger. Ce qui (troisième étape : création d’une vaste coalition bipartisane) financerait un vaste plan d’infrastructures et de prospérité.

Mais rien n’est normal dans un monde en voie de disparition qui résiste au renversement des idoles. Trump, multidimensionnel, doit non seulement présenter des réformes, mais aussi déjouer la contre-révolution qui vise à le déposer avant qu’il ne réussisse. Il lui faut donc urgemment détruire et reconstruire le Parti républicain. À la tête d’un appareil administratif qu’il ne dirige pas encore, ne pouvant compter sur les services de renseignement qui jouent contre lui, ni sur le ministère de la Justice qui contrôle le FBI sans lui (puisque son ministre Jeff Sessions s’est récusé sur le dossier russe du fait de ses propres liens avec l’ambassadeur), il ne peut se reposer, outre sa garde prétorienne présidentielle, que sur un parti dont seuls les élus de la base lui sont fidèles. Il lui faut donc ramasser cette base et satelliser une partie des démocrates traditionnels (patriotiques), afin de se libérer des caciques bellicistes (Graham, McCain…) appuyés par le clan Pelosi/Clinton.

Les caciques républicains ont donc perdu de leur arrogance, chaque faction ayant compris sa « dépendance à l’égard du père ». Trump, gaullien, les a ainsi sacrifiés sur un sujet politiquement risqué, révélant leurs insuffisances. Il vient d’informer les démocrates qu’il était à leur disposition pour sortir « leur création » de la catastrophe… quand ils seront prêts.

Et il passe au sujet suivant, payant : les baisses d’impôts. Affaiblis, les républicains ne pourront le contester, lorsque des coupes seront exigées (pour compenser le manque à gagner fiscal). Une stratégie de déconstruction de l’État administratif, avec une chirurgie drastique dans les budgets « de type Soros », autant que ceux des dix-sept entités du renseignement qui roulent sur l’or… pour quel service rendu ? Mais aussi une stratégie de péage international, forçant les « alliés » de l’OTAN ou les membres des Nations unies à débourser en échange du service escompté.

Et la tentative en cours d’impeachment ? Trump a enfin un plan, grâce au député californien Nunes…

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