a tous les moyens de faire la guerre sans s’embarrasser de son allié français. Par bonheur, le président américain ne brûle manifestement pas de l’envie de mettre le feu à tout le Moyen-Orient.

ne pourra rien s’il ne bénéficie du feu vert de Washington et de l’assistance technique des États-Unis. Mais il est clair que son prurit guerrier démange le président français.

Lié par les solennelles mises en garde qu’il a proférées, Barack Obama multiplie en travers du sentier de la guerre les haies qu’il n’a pas envie de sauter.

Sans souci des risques inconsidérés qu’il fait prendre à la France, François Hollande ignore superbement les obstacles que lui opposent le droit, le bon sens et l’opinion.

Conscient du chapelet d’erreurs que son pays a accumulées au Vietnam, puis en Irak, puis en Afghanistan, sachant que son peuple en a assez de jouer au gendarme et aux violeurs, Barack Obama estime que la bataille qu’il doit mener en priorité est celle de la reprise économique, industrielle et financière, et que c’est sur ce terrain qu’il doit remporter la victoire.

Sachant pertinemment qu’il a échoué dans ce domaine et qu’il en paiera le prix, jaloux des lauriers sanglants récoltés par Nicolas Sarkozy en Libye et fier comme un petit paon d’avoir récupéré au Mali les armes que son prédécesseur avait mises entre les mains des islamistes, François Hollande cherche sur un nouveau front un dérivatif à son impopularité.

Tandis que le Don Quichotte d’outre-Atlantique freine des quatre fers, le Sancho Pança de la Corrèze piaffe d’impatience de charger des géants qu’il prend pour des moulins à vent.

Juriste, humaniste et prix Nobel de la paix, Barack Obama ne jalouse pas la gloire de Napoléon. Énarque et lieutenant-colonel de réserve, François Hollande rêve d’en découdre et cherche des Austerlitz à sa taille.

Obama a l’élégance, l’éloquence et la prestance qui – comment dire – font défaut à Hollande.

Le monde n’est pas bien fait. Si, par un tour de magie, Obama nous était donné, nous ne perdrions pas au change, et nous ferions volontiers cadeau aux États-Unis de François Hollande.

Mais que dis-je là ? Peut-on souhaiter à un pays qui fut notre libérateur, qui demeure notre allié et qui est notre garant, d’hériter d’une telle catastrophe ?

Le monde, décidément, n’est pas si mal fait.

8 septembre 2013

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