Editoriaux - Politique - 18 novembre 2015

Obama : pas de lien entre la question des réfugiés et celle du terrorisme

Étrange déclaration, que celle du président américain Barack Obama, lundi, à l’issue du G20 en Turquie, c’est-à-dire exactement trois jours après les attentats qui ont ensanglanté Paris. Selon lui, il est essentiel que « nous ne fassions pas le lien entre la question des réfugiés et celle du terrorisme ».

Oui, curieuse demande. Car – comment pourrait-il l’ignorer ? – ce lien-là ne dépend pas, ne dépend plus de nous. Ce n’est pas nous qui le « faisons » mais l’actualité. Depuis 24 heures, nous savons qu’un des kamikazes du Stade de France – le parquet de Paris l’a confirmé – est passé par la Grèce en se faisant passer pour un réfugié. Cela s’appelle, de façon très neutre et objective, un « lien », et le nier serait donc raconter des craques, enfumer son monde, raconter des bobards. Puisqu’il existe, que nous le voulions ou non. Obama nous enjoindrait-il à mentir ?

Certains, évidemment, n’ont pas attendu les attentats de vendredi pour mettre en garde. Et ils n’avaient pas besoin pour cela d’être la Pythie ou Nostradamus : nous sommes en guerre, François Hollande lui-même l’a reconnu, alors quel ennemi serait assez benêt pour ne pas avancer ses pions là où la citadelle n’est pas défendue ? Un général allemand aurait-il dédaigné d’utiliser une béance mal surveillée à la frontière ? On l’imagine, jouant du casque à pointe et faisant claquer ses bottes : nein ! Pas par là ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

On a laissé un boulevard ouvert à tous vents jusqu’à chez nous… une intelligence moyenne pouvait prévoir que l’État islamique l’emprunterait. Celui-ci ne s’en est d’ailleurs pas caché, et nous a même obligeamment prévenus. Obama nous prendrait-il pour de parfaits demeurés ?

Obama se fend d’une déclaration vibrante et pathétique sur l’importance de ne pas « fermer nos cœurs aux victimes des violences ». Comme si la question était là. Etre conscient qu’il y a des infiltrés parmi les réfugiés ne sous-entend pas – évidemment – que tous les réfugiés sont des infiltrés.

Mais le pire des services à rendre aux vrais réfugiés est précisément de refuser l’évidence… car c’est l’anarchie, la désorganisation, le grand bazar, la bousculade générale, l’arrivée incontrôlée du loup et de l’agneau, accueillis l’un et l’autre avec le même sourire béat et les mêmes yeux grand fermés de nos gouvernants qui précipitent les populations dans l’angoisse et les enjoint à vouloir remonter à toute vitesse le pont-levis et à descendre brutalement la herse, faute de pouvoir attendre des autorités qu’elles séparent le bon grain de l’ivraie. Qui ouvrirait sa maison familiale à des voyageurs s’il savait de façon sûre qu’au milieu d’eux se cachent des assassins ? Obama nous prendrait-il pour des irresponsables aux pulsions suicidaires ?

Ce n’est pas en niant l’indéniable, dans un mélange d’aveuglement, de calcul et de mauvaise foi, qu’Obama aide les réfugiés : en refusant de voir « le lien », comme tant d’autres politiques occidentaux, il s’interdit de venir à bout de celui-ci. Comment résoudre un problème dont on conteste l’existence ?

L’amalgame qu’il dénonce, c’est donc lui, au sens premier du terme, qui l’entretient : les islamistes restent là, cachés bien au chaud, au milieu des réfugiés, « amalgamés » à eux sans risquer d’être inquiétés puisqu’il a été décrété par Obama qu’ils ne sont pas là.

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