Editoriaux - International - Politique - Religion - 27 juillet 2015

Obama, chauve-souris gay-friendly et anti-africaine

Barack Obama, comme ses trois prédécesseurs, emmène le camp du bien contre les États voyous, de Daech à Moscou en passant par Pyongyang. Mais il est beaucoup plus que cela. Il incarne le monde nouveau, le monde sans frontières. C’est un drapeau arc-en-ciel à lui tout seul. Une réclame pour le grand fourre-tout.

Il est américain, mais il est aussi africain, et asiatique, ayant gardé une part de son cœur d’enfant en Indonésie où il fut élevé. Il est noir, mais il est aussi blanc, il est gris, coloré. Il a des mots chrétiens, des racines païennes, des souvenirs musulmans. C’est le président de la plus grande puissance capitaliste du monde, mais toute sa politique est d’inspiration socialiste. C’est un gentil mari sexy qui danse avec son épouse, mais il est également très gay-friendly. Au nom des droits de l’homme, qu’il illustre et défend partout dans le monde – enfin, à Nairobi un peu plus violemment qu’à Pékin.

L’Afrique est en effet un problème pour le président américain. Un problème politique et moral. On se souvient que l’Ouganda et son président, Yoweri Museveni, ayant fait reculer le SIDA sans capote par une série de décisions touchant aux mœurs, dont la condamnation des actes homosexuels, la communauté internationale, États-Unis en tête, a fait pression sur Kampala pour que les lois soient changées. Mais les peuples et les religions d’Afrique renâclent devant la vulgate occidentale, et cette fois, Barack Obama a dû faire plus fort. À Nairobi, presque en régional de l’étape, il a chanté pour tous ses frères africains “l’égalité des droits pour les homosexuels”. Et d’ajouter : “En tant qu’Afro-Américain aux États-Unis, je suis douloureusement conscient de ce qu’il se passe quand les gens sont traités différemment devant la loi.” C’est assimiler explicitement « l’homophobie » au « racisme » afin de mettre les Africains devant un cas de conscience historique.

Pour cette chauve-souris politique, le continent noir est en effet un terrible casse-tête : s’inspirant du trotskiste Alinsky, il a commencé comme « social worker » à Chicago, et sa méthode, pour révolutionner l’Amérique et le monde, est de s’appuyer sur les « minorités défavorisées ». À cet égard, la communauté noire, américaine surtout, lui sert de bulldozer. Mais l’immense majorité des Noirs d’Afrique, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, sont au contraire à ses yeux, sous le rapport des mœurs, un gros boulet réactionnaire. Pour ce leader mondialiste coloré, le mot “peuple noir” est un merveilleux outil dialectique, la réalité correspondante un ennemi à détruire.

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