Accueil Editoriaux Ô Rachida !
Editoriaux - Justice - Politique - 18 septembre 2014

Ô Rachida !

Aveugle, volontairement aveugle, celui qui ne voudrait pas voir. Nicolas Sarkozy annonce la couleur. À défaut d’avoir changé lui-même – change-t-on à presque soixante ans ? –, il est déterminé à tout changer, « de la cave au grenier », dans la vieille maison. À défaut de rajeunir lui-même – rajeunit-on à presque soixante ans ? –, il ne cache pas son intention de rajeunir son entourage, et de renouveler de fond en comble ses équipes.

Adieu, donc, les Hortefeux, les Charon, les Guéant, les Woerth, les Balkany, les Buisson, les Morano. Les vieux ont fait leur temps. Ils ont servi, ils sont usés, ils sont bons à jeter. Place à la génération montante, à Laurent Wauquiez, à Nathalie Kosciusko-Morizet, à Valérie Pécresse. Place aux jeunes, à Guillaume Peltier, à Geoffroy Didier, à Gérald Darmanin, à Damien Abad. Place aux débutants dont nous allons découvrir et bientôt retenir les noms, à Laurence Arribagé, à Virginie Duby-Muller et autres perdrix de l’année. Ainsi va le monde, ainsi va la Cour, ainsi va la vie. Éternelle ingratitude des grands…

Faut-il subir cette déchéance comme une fatalité, baisser la tête et courber le dos ? Eh bien, non ! Au nom des obscurs, des petits, des sans-grade aujourd’hui dégradés, au nom des grognards, des vétérans, des blessés, des éclopés, de la Vieille Garde lâchement laissée sur le bord de la route, une voix s’est élevée (et pas n’importe quelle voix) : celle d’un ancien ministre, aujourd’hui député européen, mais aussi élu local, fidèle et compagne de longue date de l’ancien maire de Neuilly, et qui s’en autorise pour administrer une leçon de morale bien méritée au futur président de l’UMP.

C’est, lui assène-t-elle, « avec des élus ancrés dans le quotidien des Français » qu’il faut travailler, « plutôt qu’en s’appuyant sur des professionnels de la politique aux investitures reçues en héritage, par cooptation ou parce qu’ils appartiennent aux bons réseaux ». Celle qui s’exprime ainsi sait de quoi et à qui elle parle. Loin de tout copinage, de tout favoritisme, de toute cooptation, de tout parachutage, elle a durement labouré, puis conquis de haute lutte, à la force du bracelet, le terrain difficile du septième arrondissement de Paris. Place Vendôme, elle ne connaît qu’une seule adresse, celle du ministère de la Justice. Ce n’est pas elle qui confondrait le cambouis et la laque, le charbon et le khôl, la paille et la poutre. Au royaume des borgnes, les aveugles feraient-ils la loi ?
Rachida… Dites-nous que c’est une blague !

À lire aussi

Dominique Jamet : “Les Français apprécient chez François Mitterrand la bonne tenue, contrairement à Macron”

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleUn récent sondage place François Mitterrand me…