Entre 10 et 15.000 personnes sont descendues dans la rue samedi dernier à pour manifester leur hostilité à la fusion de l’Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardenne. Interpellé sur ce thème à l’Assemblée par le député de Saverne Patrick Hetzel, qui lui demandait de prendre en compte le message du « peuple d’Alsace », Valls le Catalan a rabroué sèchement son interlocuteur, en indiquant qu’« il n’y a pas de peuple alsacien. Il n’y a qu’un seul peuple français […]. En Alsace et en Moselle, il y a le poids de l’Histoire […] je serai extrêmement attentif à ce qu’il n’y ait pas de dérive. »

Cette réponse ne fut pas du goût de l’élu alsacien, rappelant au Premier ministre qu’il n’avait jamais parlé de « peuple alsacien » mais du « peuple d’Alsace ». Et que ce dernier n’avait pas de leçons de patriotisme à recevoir du Premier Ministre. « S’en sortir ainsi est scandaleux. Cela illustre la méconnaissance de l’Alsace par Paris. »

N’y a-t-il qu’un seul peuple français ? Notre Premier ministre semble ignorer l’article 1er du statut de la , voté par le Parlement français en 1991, qui énonce que “la française garantit à la communauté historique et culturelle vivante que constitue le peuple corse, composante du peuple français, les droits à la préservation de son culturelle et à la de ses intérêts économiques et sociaux spécifiques ». Retoquée par le Conseil constitutionnel, la notion de « peuple corse » avait pourtant été reconnue par l’Assemblée nationale, comme sera admise celle du « peuple kanak », dans le préambule des accords de Nouméa de 1998 sur le statut de la Nouvelle-Calédonie.

Disons-le tout net : Valls a un grain. Il veut dissoudre ce qu’il considère comme les DOV-TOV (Départements et Territoires d’outre-Vosges), dans la Lotharingie socialiste voisine. Mais l’Alsace n’est soluble ni dans la mirabelle lorraine ni dans le champagne voisin, à peine plus gouleyant que le crémant d’Alsace.

En fait, le nouveau Saint-Just hexagonal entend revenir insidieusement au jacobinisme des sans-culottes qui voulaient déjà supprimer les provinces de France chères à la royauté. « Ne touchez pas aux affaires de l’Alsace », avait pourtant prévenu Louis XIV en « prenant possession », en 1648, de ce « beau jardin », en fait en annexant l’Alsace à la France.

Une fois de plus dans cette affaire, on ne tient pas compte de la volonté du « peuple » : le mariage forcé des régions, annoncé par Valls et Hollande pour le 1er janvier 2017, va à l’encontre de ce que veulent les Normands, bas et hauts, les Picards désintégrés, les Lorrains et les Alsaciens en chiens de faïence… Dans sa mégalomanie, veut redessiner la carte de l’Hexagone, mais en voulant réduire le mille-feuille territorial, c’est la diversité de la France que le Premier ministre veut supprimer.

17 octobre 2014

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