Nuit debout n’est pas un mouvement suspect d’une religiosité extrême. C’est même un euphémisme. Mercredi 8 juin dernier, des militants violents de Nuit debout ont chassé les Veilleurs qui souhaitaient se réunir place de la à au motif, notamment, que ces derniers se revendiquent pour la plupart comme étant de confession catholique, ou au moins animés d’une foi chrétienne.
 
Ce soir-là, plusieurs personnes avaient été blessées par ces militants, renforcés par la présence des professionnels appelés « antifas ». Parmi les victimes de ces milices gauchistes, un jeune journaliste de TV Libertés, quelques jeunes femmes ou bien encore Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. Le syndicaliste a témoigné dans Le Figaro : “Le problème, c’est que ces gens fassent régner la terreur en toute impunité dans la capitale. Ces pratiques relèvent d’un véritable totalitarisme rouge. Et place de la République, on est en train de recréer une cour des Miracles, c’est-à-dire une zone de non-droit en plein Paris.”
 
Pour les sympathisants de Nuit debout, la tentation de la violence est grande. On peut même soupçonner que se soit créée, au sein du mouvement donné à voir aux , une minorité dominante inspirée par les méthodes d’Action directe et les théories insurrectionnelles formulées par les anarchistes autonomes. Mediapart le cache à peine, relayant régulièrement les appels de Julien Coupat, des antifas et des « interdits » de manifestations.
 
Chose intéressante, ce même Julien Coupat est aussi l’auteur, avec le Comité Invisible, de deux ouvrages importants de la pensée anarcho-autonome des dernières années : L’insurrection qui vient et À nos amis. Dans L’insurrection qui vient, le Collectif Invisible fantasme sur la jeunesse immigrée du pays, louant les émeutes de 2005. Les auteurs espèrent une convergence des luttes pour détruire le « système ». Au même titre que le Parti des indigènes de la République, l’essentialisme en moins, le Comité Invisible n’est pas loin de penser que les luttes consécutives à la décolonisation ne se sont pas encore achevées.
 
Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que la haine antireligieuse de Nuit debout ne soit dirigée qu’à l’encontre de l’Église catholique, vue comme une survivance paternaliste, rétrograde et conservatrice. A contrario, l’islam est vu comme la religion des damnés de la Terre, des éternelles victimes de l’homme occidental, à la manière de ce que pensait le boxeur Cassius Clay, devenu (surnom du terroriste Abballa sur Facebook, soit dit en passant).
 
Nuit debout Toulouse a, d’ailleurs, rompu le jeûne du ramadan, le jeudi 16 juin 2016, en investissant le quartier Arnaud-Bernard, connu pour sa forte communauté musulmane et ses rixes entre trafiquants de drogue. Point de cassoulet toulousain pour les participants toulousains de la Nuit debout, mais un couscous. Ou, pour rester dans l’air du temps multiculturel, un « couscoussoulet ». Sous les discours de Nuit debout, les vieux classiques gauchistes sont à peine recyclés : haine de la , négation de notre identité, amour immodéré de l’« autre » et, in fine, dhimmitude. Un discours porteur à Toulouse, rose à l’extérieur et rouge à l’intérieur.

17 juin 2016

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