Le Figaro proposait, très récemment, un article au sujet des pays candidats pour intégrer l’Union européenne. Dans les Balkans, on retrouve dans cette liste le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine, la Serbie et, potentiellement, le Kosovo.

Derrière ces candidatures, c’est le suicide de l’Europe qui se profile…

Il est évident que les pays de l’ouest de l’Europe (dont nous faisons partie) sont loin d’être parfaits en matière de corruption ; néanmoins, chez nous, elle a la décence de n’exister que dans l’ombre quand, dans ces pays, elle se pratique au grand jour.

Si l’Union européenne est toujours partie du principe qu’intégrer des pays moins démocratiques permet d’avoir de l’influence afin, justement, de les « contaminer » par les valeurs démocratiques (ce qu’on peut appeler « l’école démocratique »), en réalité, et nous le savons, avec la suppression des frontières et la libre circulation, c’est cette corruption (et les trafics qui vont avec) qui s’implante dans nos campagnes.

De plus, ces candidatures arrivent à un moment où l’Union européenne est en crise. Quelques rappels :
– l’Angleterre négocie son appartenance (avec beaucoup d’habileté) ;
– l’ (qui a retiré sa candidature) a annoncé, il y a quelques jours, avoir retrouvé son niveau de d’avant-crise (baisse de 10 % si on prend le niveau le plus haut jamais atteint et le niveau d’avant 2008), leur Premier ministre donnant le coup de grâce en ajoutant qu’ils n’auraient jamais pu sortir de la crise s’ils avaient été membre de l’Union européenne ;
– la , pourtant plus qu’ambiguë sur la question de l’État islamique, est préférée à la Russie, constamment mise sur le banc des accusés ;
– la Grèce, cœur de l’Europe historique, se voit montrée du doigt pour sa prodigieuse et rejetée alors qu’objectivement, les torts sont très largement partagés dans ce mélodrame ;
– la question migratoire divise l’Europe, notamment entre ouest et est de l’Europe, et montre au grand jour les faiblesses dans la coordination internationale.

L’Union européenne prend l’eau mais s’obstine à vouloir chausser des sabots de plomb. Au lieu de construire une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », comme le veut la célèbre citation, elle se laisse grignoter (volontairement) par ses bons sentiments. En voulant absolument intégrer des pays gangrenés par la corruption et n’ayant d’autres ambitions que de prendre de l’argent, l’Union européenne perd toute crédibilité et laisse le champ libre aux États-Unis et aux pays émergents (ou nouvellement industrialisés).

Le cœur n’a jamais fait de bonnes politiques, l’Union européenne doit laisser sa raison parler et se construire de façon digne et réfléchie.

Cela commencera tout d’abord par un apaisement des avant d’entamer, carrément, un travail en commun. Un arrêt de l’ de masse. Une évolution dans nos fonctions démocratiques. Et, surtout, une vraie solidarité européenne.

Autant dire qu’il faudrait tout recommencer.

20 février 2016

Partager
BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 10 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

À lire aussi

Magasins sans caisse : comment faire dépenser plus en moins de temps

Le client doit pouvoir croire que payer est une option, que l'achat est un hobby comme un …