Sarkozy nous avait déjà fait le coup avec le référendum sur la européenne : le 29 mai 2005, la France votait non ; il passera outre. Idem pour les Pays-Bas et l’. Vous n’en voulez pas ? Pas grave. On vous fera revoter jusqu’à ce que ça passe. Suffit de bricoler un article ou deux.

Ce lundi matin, on apprend les résultats officiels du référendum sur l’aéroport de : sur les 212 communes de Loire-Atlantique qui ont participé, le oui l’emporte à 55,17 %. Invité sur France Info, David Cormand, le nouveau patron d’, déclare posément : « Si le non l’avait emporté, cela aurait clôturé le débat, mais le fait que le oui l’ait emporté ne résout pas la question (sic). » Et d’invoquer « le problème des recours juridiques », alors qu’on nous a dit que le référendum pouvait avoir lieu puisque tous les recours en question étaient épuisés ! Et puis, ajoute-t-il, « il reste cette contradiction fondamentale entre la COP21 à laquelle s’est engagée la France et ce projet qui est contradictoire ». Conclusion : « On va continuer à s’opposer à ce projet, il est contraire à l’intérêt collectif, et l’intérêt collectif, il dépasse l’intérêt de la Loire-Atlantique. »

Au micro de la station voisine, sur , Cécile Duflot, ex-ministre de l’, confirme : les opposants au projet vont « continuer leur lutte », elle va donc « continuer à les soutenir ». Sans parler des zadistes et autres punks à chien que le gouvernement de messieurs Hollande et Valls se gardera bien d’aller déloger à quelques mois d’une présidentielle.

Bref, les référendums, c’est comme les promesse de campagne : ça n’engage que ceux qui votent. Quand c’est oui, c’est non, et quand c’est non, c’est oui. C’est d’ailleurs ce qu’on a commencé de nous enfoncer dans le crâne durant tout ce week-end à propos du Brexit : la pétition pour un nouveau référendum qui aura bientôt atteint 5, 10, 15, 35 millions de signataires… Les « envoyés spéciaux » qui confessent en continu les repentants, ceux qui ont été abusés par des arguments mensongers et qui voudraient bien, s’il vous plaît monsieur, revoter dimanche prochain maintenant qu’ils ont tout bien compris comme il faut… mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa

Chez nous, c’est le cirque qui continue autour de la loi Travail. Bonne ou mauvaise, c’est une autre question. Nous avons un gouvernement élu pour gouverner, des règles constitutionnelles, un Parlement élu pour voter les lois, une représentativité qui est le fruit de la démocratie… Mais c’est la qui mène la danse !

ressemble à Internet, voudrait être Internet : on « like » ou pas, on veut tout changer d’un clic et demain changer encore, changer d’avis, changer de gueules… La gouvernance comme un jeu vidéo : on efface tout et on recommence, une autre partie, un autre référendum pour changer le score.

C’est le rêve impossible des politiques : la « démocratie directe », le référendum qui résout tout, comme la votation chez nos amis suisses. Sauf que les Suisses sont 7,7 millions et que leurs élus, eux, respectent le choix des urnes quand nous ne cessons de torturer la démocratie pour la plier à des intérêts particuliers et des calculs politiciens.

Pour emprunter à un Anglais bien connu, Winston Churchill : « La démocratie est le pire des régimes – à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé. » Et par les temps qui courent, elle a une drôle de gueule !

27 juin 2016

Les commentaires sont fermés sur cette publication.

À lire aussi

Quand la Suède, « paradis » des transgenres, découvre qu’elle a créé l’enfer !

Voilà donc ce monde merveilleux où les enfants décident de changer de genre comme de look …