Il y a à peine deux ans, les anti-Hollande se retrouvaient à battre le pavé parisien malgré une pluie ininterrompue pour “”. Cet après-midi-là, sans annonce des médias ni personnalités marquantes, nous rassemblions (selon les chiffres de la préfecture de ) 17.000 participants. Reprenant un symbole à la gauche, notre marche était partie de Bastille. La fin de la journée avait vu l’arrestation de 250 manifestants tombés dans un traquenard programmé.

Il y a quelques jours à Calais, le général Piquemal se trouvait, lui, bien seul au milieu d’une grosse centaine de manifestants. Certes, la manifestation était interdite et, de plus, elle se déroulait dans une petite ville du nord de la France. Il n’empêche, avouons que, depuis la fin de la Manif pour tous, les gros bataillons ne sont plus de notre côté. Il faut, même si cela fait mal, être conscient qu’aujourd’hui, la rue appartient à l’ qui, protégée par le gouvernement, a pris l’habitude de “s’éclater”. Pour une fois, écoutons Askolovitch qui ironisait sur Slate : “Piquemal est devenu un martyr et la preuve des planqués de son camp, ceux qui ne manifestent pas mais grandiloquent sur Internet contre ce régime qui emprisonne un soldat mais laisse la rue aux gauchistes.”

J’avoue avoir été triste de voir à Calais un général embarqué sans ménagement parce que peu de monde était présent pour le soutenir, à commencer par les Calaisiens.

De plus, ni sur le site de l’UNP (Union nationale parachutiste) ni sur celui de la Saint-Cyrienne (le général Piquemal est saint-cyrien) on ne parle de l’arrestation de cette grande figure de l’armée française. Quant aux anciens de la Légion, ils se sont fendus d’un communiqué mi-chèvre mi-chou qui avait pour seul but de ne pas faire de vagues :

Le général Piquemal a été interpellé par les forces de l’ordre et mis en garde à vue. Il sera présenté à un juge du tribunal de Boulogne-sur-Mer lundi 8 février après-midi, en comparution immédiate. Tous ceux qui ont connu le général Piquemal en activité sont désolés de ces événements. Cependant, la FSALE (Fédération des sociétés des anciens de la Légion étrangère) précise que c’est à titre personnel qu’il a agi. Aussi, toute initiative non concertée avec le bureau de la Fédération serait de nature à transgresser l’article 7 de notre code d’honneur de l’ancien légionnaire : je m’interdis d’impliquer la Légion étrangère dans toute action politique. Il y va du maintien de la bonne image de la Légion étrangère.

Signé : Général (2s) R. Gausserès Président Fédéral.

Pourtant, la révolte gronde dans toutes les régions de France. Des agriculteurs en situation de détresse économique bloquent routes et hypermarchés. Sur le périphérique et à proximité des aéroports, des chauffeurs de taxi furieux contre les VTC paralysent la circulation pendant trois jours puis laissent la place… aux VTC qui, eux-mêmes, interdisent l’accès au centre de Paris. Partout en France, des enseignants qui ne veulent pas des réformes du gouvernement et des médecins qui refusent le tiers payant descendent dans la rue. Ceci prouve bien que le ras-le-bol existe mais – est-ce l’effet des attentats ou de la lassitude ? – l’envie de défier dans la rue le gouvernement n’est plus de saison. La Manif pour tous s’est faite plus discrète et les réseaux sociaux résonnent de déclarations claironnantes qui restent lettre morte.

Alors, je vous le demande : a-t-on encore la capacité d’unir les méprisés du système ? À quand un nouveau “Jour de colère” ?

10 février 2016

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