Culture - Editoriaux - Médias - Politique - Tribune - 16 juillet 2015

Le nouveau concept de “mis-islamie”

Le Figaro du 13 juillet nous apprend que les journalistes Mohamed Sifaoui et Zineb El Rhazoui, ainsi que l’écrivain Boualem Sansal, tous “de culture musulmane”, ont signé une tribune dans Marianne contre “l’islamisme et l’islam politique”. Oui mais… Étant donné le non-musulman lambda, réduit pour l’essentiel à une chose dont il convient d’apaiser les stupides bouffées anxiogènes alimentées par certains médias et les “extrêmes” (de droite exclusivement)… Oui, mais…

Étant donné qu’une personnalité pondérée de la stature de Rémy Brague déclare dans Famille chrétienne (6 juin) : “La différence entre islam et islamisme est réelle, mais moins de nature que de degré. Oui, mais…

Étant donné une personnalité pondérée de la stature de Pierre Manent, au micro d’Alain Finkielkraut (“Répliques” 6 juin : “Retour ou sortie du religieux”) : “L’Islam se donne comme révélation complète, éternelle, immédiate et d’un seul bloc, une révélation qui n’est pas faite à Mahomet… enfin… elle est faite d’abord à Adam lui-même puisque l’humanité naît musulmane dans la conception islamique […]” Et Alain Finkielkraut de compléter : “Ce que l’islam dit, c’est que tous les hommes sont nés musulmans et que le message du Coran leur a été transmis dès la naissance, et que ce sont les circonstances extérieures, principalement la falsification du Coran céleste par les juifs en lui substituant la Torah et par les chrétiens l’Évangile, qui ont fait que les hommes ont besoin d’être redressés par le message authentique transmis par Mahomet […]”

Puis de citer Alain Besançon : “La fonction des grandes figures bibliques dans le Coran est de nier le fondement de la foi juive et chrétienne : Abraham est détaché d’Israël […] Marie est détachée de Sion, d’Abraham, Jésus témoigne contre la Trinité, etc.”

Si une réforme de l’islam, au sens de celle que vécut le christianisme en Europe, est souhaitée, y compris par certains musulmans, l’on se demande, à l’aune des observations qui précèdent, si cela ne relève pas d’une illusion aussi pathétique que dangereuse. Pour paraphraser Churchill, citant un autre livre fameux, paraît-il fort apprécié au Moyen-Orient ces temps-ci et rédigé par un funeste Germain à moustache et néanmoins peintre raté : le programme s’y étalait pourtant au grand jour, tout était écrit noir sur blanc… Oui, mais… Même lorsque, la main sur le cœur, le musulman exige la “réforme”, tel le très “pondéré” (voire sirupeux) Ghaleb Bencheikh (présentateur de “Islam” sur France 2 le dimanche matin). Balayant d’un revers de main moqueur (même pas peur) l’islamophobe, ce pauvre malade qu’il convient de soigner avec la compassion qu’on accorde à l’agoraphobe ou au claustrophobe.

C’est pour mieux sortir du chapeau et toutes dents dehors un nouveau concept, la “mis-islamie”. Le même Ghaleb Bencheikh, au cours d’une intervention dans le cadre du colloque “Laïcité et islams” organisé par l’Académie de géopolitique de Paris le 4 juin 2015, déclarait : “Maintenant, je distingue l’islamophobie de la mis-islamie. On dit mis-islamique comme on dit misogyne ou misanthrope. C’est-à-dire qu’il y a une haine, assumée comme telle, à l’encontre de tout ce qui est islamique et musulman. Et cette mis-islamie […] doit tomber sous le coup de la loi […] et donc, la mis-islamie, cette haine, cette hostilité, cette déclaration de guerre, ces mensonges, ces élucubrations, ces arguties, ces billevesées, ces fadaises doivent cesser.”

En résumé, soit on est malade et on mérite d’être soigné (islamophobie), soit on est agressif et on mérite une sanction (mis-islamie) Et nous, mécréants, à quel moment saurons-nous, quoi qu’il se dise ou se fasse, si nous sommes ou non roulés dans une farine de la marque “taqiya” ?

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