Editoriaux - Entretiens - Histoire - Politique - Société - Sport - 20 novembre 2013

Nous sommes en pleine “crise de France”

À l’occasion du lancement de sa nouvelle formule, Boulevard Voltaire vous propose une série de courtes interviews. Chaque jour, une personnalité — politique, intellectuel, artiste, sportif, etc. — répondra à une question, toujours la même, qui correspond aux interrogations du moment. Aujourd’hui, c’est Marine Le Pen qui se prête au jeu…

Crise de régime, crise de société ou révolution : selon vous, sommes-nous en 1958, 1968 ou 1788 ?

L’histoire ne se répète jamais mais la période troublée que nous vivons me semble avoir des caractéristiques à la fois de 1788 et de 1958. Il y a crise à l’évidence, “crise de France” pourrais-je dire, parce que les ressorts profonds de cette crise sont dans la relation qu’entretient l’élite au pouvoir avec le peuple et la nation. Le peuple français a des réserves immenses de patriotisme, et sait intuitivement que la nation est le cadre indépassable des solidarités, des fraternités et des réussites collectives. L’élite dans sa majorité a, en revanche, tourné le dos à la nation, ne croit plus en la France, lui voit un passé mais pas d’avenir. C’est de cette discordance majeure que naît la crise : le peuple réclame au politique de faire de la politique pour résoudre ses problèmes et lui offrir de nouvelles perspectives, quand le politique donne en catimini les clés à d’autres et compense par une communication devenue envahissante.

Il y a donc une sourde révolte populaire, notamment face à un impôt qu’on ne comprend plus, c’est 1788. Il y a aussi l’épuisement d’une élite, la fin d’un cycle politique, c’est 1958.

La réponse à cette “crise de France” se fera en deux temps : d’abord un retour rapide aux urnes, ensuite un nouveau contrat entre le peuple et son élite, fondé sur les réalités nationales.

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