Notre-Dame de Paris : la charpente reprend vie

©David Bordes/ Rebâtir Notre-Dame de Paris
©David Bordes/ Rebâtir Notre-Dame de Paris

Le montage à blanc de la ferme de la charpente médiévale du chœur (XIIe et XIIIe siècles), détruite par l’incendie du 15 avril 2019, a eu lieu le 25 mai, dans le Maine-et-Loire : une étape importante de la renaissance de la cathédrale de Paris.

Au sein des ateliers de charpentiers chargés de la reconstruction de la charpente du chœur de Notre-Dame de Paris a eu lieu une opération hautement symbolique : le montage à blanc d’une des fermes principales de la charpente médiévale du chœur. Ce travail, d’une belle ampleur visuelle, constitue la première étape de la restitution de la charpente médiévale du chœur. C’est la répétition grandeur nature du montage.

L’établissement public « Rebâtir Notre-Dame », chargé de la restauration de Notre-Dame de Paris, était sur place, représenté par son président, le général d’armée (2s) Jean-Louis Georgelin, par l’architecte en chef des Monuments historiques Rémi Fromont, par des collectivités locales et des représentants de l’État. Ce montage à blanc précèdera, comme pour le tabouret de la flèche, la pose de cette pièce maîtresse de charpente médiévale. Cette pièce, datant de la fin du XIIe siècle, a été entièrement détruite par l’incendie. Elle est reconstruite en bois de chêne massif selon un dessin fidèle à l’ouvrage médiéval.

La charpente repose sur un système de « chevrons-formant-ferme », une structure triangulaire portante. « Chacune des fermes est différente : pour les tailler et les assembler, les étapes sont les mêmes que pour la construction de la flèche, de l’épure à l’acheminement sur le chantier », explique le site dédié à la restauration de Notre-Dame.

Après l’incendie, c’est le groupement formé par les Ateliers Perrault (mandataire), reconnus pour leurs interventions sur des monuments historiques, et les Ateliers Desmonts, spécialistes de l’équarrissage de bois vert, qui ont été choisis par l’établissement public, maître d’ouvrage du chantier, après appel d’offres pour reconstruire la charpente médiévale de Notre-Dame de Paris. Aux Ateliers Perrault, implantés dans le bourg de Saint-Laurent-de-la Plaine, dans la commune nouvelle de Mauges-sur-Loire, près de Cholet, forts d’une histoire de plus de 260 ans, de reconstruire la charpente du chœur de Notre-Dame. Depuis fin 2022, ils œuvrent, avec 35 salariés, équarisseurs et charpentiers, à la restitution de cette charpente, dont la pose se fera à Paris à compter de cet été.

Les Ateliers Desmonts, quant à eux, installés dans l’Eure, sont responsables de la reconstruction de la charpente de la nef. C’est un marché de prestige pour l’entreprise, qui s’est vu confier deux des trois lots de l’immense charpente en chêne. Son directeur général, Jean-Baptiste Bonhoure, indique que les poutres des charpentes seront taillées « à la hache, selon les techniques médiévales ».

Un chapiteau immaculé a été dressé dans la cour des Ateliers Perrault, « si haut et long qu’on pourrait y faire entrer l’église du village », s’amuse Jean-Baptiste Bonhoure.

Ainsi, le chantier de restauration de Notre-Dame avance à grands pas. Les (re)bâtisseurs ont terminé la pose des dernières pierres de la rosace du pignon sud, mur triangulaire qui fermait la charpente. Une étape qui succède à la dépose de la console du grand orgue, le 1er mai 2023, à la fermeture des voûtes de la nef, opération de maçonnerie la plus importante du chantier, le 26 avril dernier, et à la spectaculaire installation du tabouret de la flèche à la croisée du transept, le 15 avril. C’est donc désormais au tour de la charpente du chœur de reprendre vie à Mauges-sur-Loire.

Menés en parallèle, le chantier de construction de la flèche et celui de la charpente médiévale se tiendront sur les hauteurs de la cathédrale, dans le ciel parisien.

En attendant de pouvoir s’émerveiller devant l’œuvre achevée en 2024, les visiteurs peuvent d’ores et déjà découvrir l’exposition « Notre-Dame de Paris. Des bâtisseurs aux restaurateurs », du 15 février 2023 au 29 avril 2024 à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris : des pièces exceptionnelles issues des vestiges de l’incendie ou des éléments qui serviront à sa restauration y sont présentées. Outre les sculptures de Viollet-le-Duc restaurées et exposées jusqu’à leur installation sur la future flèche, on peut admirer les grumes de chênes de la future forêt, nom donné à la charpente médiévale de Notre-Dame.

Sabine Faivre
Sabine Faivre
Auteur, essayiste

Vos commentaires

9 commentaires

  1. Formidable ! , Merveilleux ! , ……Mais au faite ! comment et par qui ou quoi a débuté l’incendie ?!
    Circulez complotistes ! ah ! désolé !

  2. Charpente avec du bois vert, je ne suis pas spécialiste, mais nos anciens savaient ce qu’ils faisaient, et je me demande ce que ça va donner.

  3. Je trouve que cet incendie est tombé bien à point pour faire diversion. Je dis ça, je dis rien. Sic.

  4. Et si on parlait des causes du feu de Notre-Dame au lieu de s’émerveiller de sa reconstruction.. avec notre argent de contribuable, mais pas avec l’aide de Dieu qui a déserté ce lieu.

  5. Un grand bravo à tous ces artisans qui sauvent notre patrimoine. Mais si la restauration avance, où en est on de l’enquête sur l’embrasement de cette charpente plus que centenaire où aucun fil électrique ne passait.

  6. J’ai bien peur que Notre Dame, celle du Ciel, soit définitivement repartie de Paris.
    Le christianisme entre au musée comme voulu par nos zélites.

    • SA maison à Paris , ( au kilomètre zéro) …
      SA tête en Corse …
      LA MOITIÉ FÉMININE de ‘ ÉTERNEL trouve que cela suffit en effet !
      ELLE n’ aime plus ses enfants .
      En effet , SA décision est prise .

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

L'intervention média

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois