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Culture - Editoriaux - Fiction - Politique - Table - 22 juin 2015

Et si nos politiques se posaient les vraies questions ?

L’intérêt de nos responsables politiques (et de leurs enfants) pour les matchs de foot ne serait pas très grave s’ils étaient capables de prendre la mesure des enjeux colossaux qui se présentent à nous.

La robot-mania du Japon démontre qu’une étape décisive est désormais franchie : de simples machines qu’ils étaient, capables de remplacer les bras de l’homme puis, peu à peu, son cerveau, les voici maintenant en passe de devenir de véritables compagnons. « Pour les Japonais, les robots ont une âme », nous disent les spécialistes… Le robot garde d’enfants, hôtesse d’accueil, avatar, sont déjà une réalité. Ce n’est plus la puissance de calcul qui rend le robot utile, c’est le fait qu’il remplace l’homme, non plus seulement dans le travail ingrat ou dur auquel il permettait d’échapper, mais également dans ce qu’il a d’humain, c’est-à-dire son relationnel avec les autres.

Les Japonais y voient un avantage : celui de pallier le manque de main-d’œuvre dû au vieillissement de sa population. Pas d’immigration avec le robot. Ils avancent confiants, certains que leur nouvel ami n’outrepassera pas sa tâche. Or, il serait illusoire de croire que le robot ne dépassera jamais l’homme arguant du fait que c’est ce dernier qui l’a créé. L’intelligence artificielle, tout au contraire, est capable de se développer sans son créateur.

Ce sujet mériterait une véritable réflexion philosophique. D’autant plus que les recherches menées en parallèle sur l’apport d’éléments connectés dans le corps humain accréditent l’idée que humains et robots vont converger vers un humanoïde, l’homme nouveau, la machine humanisée… Des perspectives à la fois effrayantes et excitantes. Voilà ce qui pourrait occuper le cerveau de nos politiques ! Ou tout au moins attirer leur attention ou éveiller leur intérêt.

On aimerait que, dans la hiérarchie de leurs préoccupations – à savoir : avec quelle première dame s’afficher, à quelle émission de télé se montrer et faire le beau, comment faire croire que la courbe du chômage s’inverse, distraire le peuple avec des réformes sociétales grotesques et prendre l’air catastrophé devant un hypothétique réchauffement climatique afin de jouer les vedettes à l’automne… puis croire que la laïcité va résoudre les problèmes d’affrontement des guerriers fous sur notre culture vieillissante et incapable de survivre -, on trouve enfin des sujets tels que : quel sera l’homme de demain, que lui restera-t-il de sa nature et de sa culture, à quoi ressemblera le travail, que signifiera le mot France dans ce nouvel ordre des choses ?

Ces questions se posent maintenant, elles ne relèvent pas de la science-fiction.

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