Editoriaux - 5 juillet 2017

Non, la précarisation des salariés ne favorise pas l’emploi !

Selon les chiffres publiés le 26 juin dernier par le ministère du Travail (les premiers du quinquennat d’Emmanuel Macron), le chômage est reparti à la hausse au mois de mai, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité ayant augmenté de 0,6 % en France métropolitaine.

La reforme des 35 heures (la France est l’un des pays qui travaillent le moins en Europe) et l’allongement de la durée des études (en France, les jeunes sont plus souvent diplômés de l’enseignement supérieur que les personnes plus âgées) contribuent largement à ce problème. Certes, nous avons un des systèmes de protection sociale les plus efficaces au monde et nous pouvons en être fiers, car la solidarité nationale permet aux exclus de vivre dignement. 

Notons, par ailleurs, que le compte personnel de formation (CPF) est utilisable par tout salarié, tout au long de sa vie active, pour suivre une formation qualifiante. Voté dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle en 2014, entré en vigueur en janvier 2015, il va dans le bon sens parce qu’il permet d’offrir à chaque salarié une chance de s’adapter et d’évoluer. 

Les différents remue-ménage lors de la loi El Khomri étaient, je crois, significatifs de la difficulté que pouvait avoir l’ancienne majorité à percevoir l’incertitude des Français et à présenter, devant la représentation nationale, une réforme cohérente qui donne plus de liberté aux entreprises et, en même temps, plus de garanties aux salariés.

Souhaitons que monsieur Macron ne tombe pas, lui aussi, dans ce travers… mais il semble pourtant en prendre la direction ! Qu’y a-t-il, notamment, dans sa réforme du Code du travail ? Le CDI de projet. Sa principale caractéristique est qu’il est plus facile d’y mettre un terme qu’à un CDI classique. Or, contrairement à ce que les parfaits petits soldats de la mondialisation veulent nous faire croire – eux qui prétendent “adapter la France au monde d’aujourd’hui”, alors qu’en réalité, ils l’ont appauvrie et déboussolée et, ce faisant, l’ont conduite à douter d’elle-même -, la précarisation des salariés ne favorise pas l’emploi, au contraire, notamment parce que, quand le travail est précaire, le salarié est logiquement moins impliqué et la productivité de l’entreprise en prend un coup. En outre, la précarisation du salarié est néfaste dans la mesure où elle casse la croissance, incitant le salarié non pas à investir mais plutôt à épargner (en 2015, selon les chiffres de la Banque de France, les Français sont les grands champions de l’épargne, avec un montant global qui atteint 4.259 milliards d’euros). 

La mondialisation est une guerre, économique certes, mais une guerre quand même, et notre pays ne pourra pas y faire face si continue de régner en son sein un tel climat de défiance entre le monde de l’entreprise et les citoyens.

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