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Discours - Editoriaux - Histoire - Politique - Table - 11 décembre 2016

Non, M. Macron, les Français ne veulent pas “rester plantés à Bruxelles” !

La distance qui sépare Macron de Fillon est tout simplement celle qui existe entre un perdreau de l’année socialo-moderniste et un homme d’État.

Le public ne s’y est pas trompé, samedi soir, qui a quitté le Palais des Congrès en nombre pendant son premier discours annoncé comme fondateur. Il attendait un souffle de nouveauté, une vraie originalité et une stature. Il avait besoin de rencontrer un futur chef. Il n’a eu droit qu’à un Sarkozy bis pour l’agitation derrière le pupitre, qui plongeait comiquement et régulièrement sous la table pour téter sa bouteille d’eau au goulot (parions que son conseiller com’ mettra un verre en plastique la prochaine fois et la bouteille sur le pupitre), à un Juppé de primaire pour le balayage d’un catalogue des Trois Suisses de mesures pseudo-sociales et européistes, à un Valls pour l’incantation répétitive, le tout crié avec une voix de fausset, parfois presque féminine, bien éloignée du calme posé et profond d’un Fillon rassurant de sérénité et de dignité. Rien, non plus, d’un Mélenchon, tribun qu’on écoute pour le plaisir, surtout quand il shoote Cohn-Bendit, ni du charlatanisme aisé d’un Montebourg. Macron a bien fait de ne pas se frotter à la primaire de la gauche. Il serait passé illico à la trappe et il le sait.

Sur le fond, le simplisme démagogique a été son fil directeur. Rien de nouveau, rien d’ordonné à un plan de conquête du pouvoir ni, surtout, à une certaine idée de la France qu’on aurait pu ou non partager, mais qui aurait eu au moins le mérite d’exister. Tout sur une modernité numérique de pacotille, sur une Europe censée résoudre tous les problèmes français, sur les pauvres qui subissent les effets de la mondialisation – ce qui ne manque pas de sel de la part d’un banquier aux costumes de luxe -, sur les petites filles immigrées en larmes. Et, forcément, sur Alep, puisque tout le monde en parle. Sans, d’ailleurs, rien en connaître. Demain, ce sera Mossoul ou Tombouctou. Peu importe, pourvu qu’on surfe sur la vague médiatique et émotionnelle.

Mais le plus grave est qu’on a ressenti que Macron ne domine aucun des dossiers régaliens d’aujourd’hui et en a passé la quasi-totalité sous silence. Un signe d’indigence, sinon d’incompétence, révélateur d’une expérience qui se limite à avoir aligné des chiffres chez Rothschild, été deux ans conseiller d’un Président à 4 % et deux ans ministre à Bercy, sans vrai bilan. Un peu court, jeune homme !

Son simplisme est gravissime. Il brasse du vent, sans présenter le minimum syndical exigible d’un candidat à la présidence. L’ordre du monde change en ce moment, avec un dénominateur commun qu’on appelle le populisme mais qui n’est rien d’autre que le besoin des peuples à redevenir maîtres de leur destin, et un accélérateur hyper-médiatique qui s’appelle Trump et crée quotidiennement la surprise. Macron, lui, refile les clés de la maison à Bruxelles ! Pourquoi faire ce que d’autres peuvent faire à notre place ? Il n’a vraiment pas compris que les Français n’en veulent plus, de l’Europe, de cette technocratie supranationale qui les accable de ses normes sans en imposer aucune aux migrants.

Ce meeting désenchanté s’achevait par le “tube” du groupe Boulevard des airs. M. Macron n’aurait pu mieux choisir car il est bien de “ceux qui restent plantés à Bruxelles”.

Mais la France et les Français aspirent à une autre d’histoire d’amour que celle de M. Macron à Bruxelles !

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