Audio - Editoriaux - Entretiens - Société - 30 juin 2018

Non, je ne me suis pas trompé d’orthographe, c’est bien Simone Weil !

La ville d’Orange aura bientôt une rue Simone-Weil… Jacques Bompard répond à ses opposants, dont il ne comprend pas la virulence.

La ville d’Orange va bientôt inaugurer une rue Simone-Weil, du nom de la philosophe spécialisée dans le totalitarisme. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi l’opposition y aurait vu une sorte de provocation ?

J’avoue que je n’ai pas compris. L’opposition conteste les propos humanistes de Simone Weil. Je ne le conteste pas ; au contraire, je le revendique. Je ne suis pas certain qu’elle ait compris. Elle se fait une image des idées que je défends, et qui les arrange, mais qui ne correspond pas à la réalité. Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Ce baptême intervient alors même que l’autre Simone Veil, le ministre, sera inhumée avec son mari au Panthéon. On pourrait presque croire que vous vous êtes trompé dans l’orthographe…

Je ne me suis pas trompé, au contraire. L’une défend l’ensemble des philosophies majeures de l’Occident et l’autre défend le prêt-à-penser. C’en est une des plus essentielles défenderesses. Malgré les précautions prises à l’époque, la loi Veil a engendré dix millions de petits Français en moins. Cela correspond presque exactement à l’inversion de population que subit notre pays par l’afflux de gens venus d’un peu partout, non pas pour défendre les valeurs de la France ni ses traditions mais, au contraire, pour nous imposer les leurs. C’est bien ce qui est totalement intolérable.

Au-delà de cette polémique, êtes-vous contre l’entrée de Simone Veil au Panthéon ?

Je ne trouve pas que ce soit une bonne idée. J’ai relu la loi Veil quand nous avons voté les débats sur le mariage gay. Bien qu’elle ait mis des garde-fous dans sa loi, ils n’ont pas du tout été respectés. Dans son essence même, on ouvrait une porte qui aurait dû être fermée et dont l’ouverture est catastrophique. Elle disait elle-même toutes les réticences qu’elle avait sur sa loi. Elle se rendait bien compte de l’utilisation qui en avait été faite.
Si elle nous avait écoutés à l’époque, elle n’aurait pas été étonnée, car nous avions dénoncé les méfaits qu’allait engendrer sa loi.
Qu’elle entre au Panthéon avec son mari pour une loi dont les effets sont désastreux est tout à fait remarquable, c’est le symbole d’une société où le prêt-à-penser est une fin en soi. Quelles que soient les conséquences qu’il entraîne, il est bon de se coucher devant et de l’adorer.

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