Ainsi, selon notre confrère Marianne, Claude Bartolone, candidat malheureux à la présidence de la région Île-de-France, a augmenté le budget de son cabinet à l’Assemblée nationale de 33 % en trois ans et de 6 % entre 2014 et 2015. Ça fait un petit billet de 244.000 euros, tout de même, rien que sur les douze derniers mois. Plus d’un million d’euros supplémentaires entre 2012 et 2015. Autrement dit, une paille ! Qu’on se rassure, le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale (Barto n’a pas tout perdu) a la réponse, la justification, l’argument massif qui convainc : « Nous avons régularisé certaines situations. Des personnels étaient payés par d’autres administrations. C’était le cas de mon prédécesseur, par exemple. » Des « régularisations ». Il est vrai que, dans ce domaine, le Parti socialiste est un vrai spécialiste.

À y regarder de plus près, on comprend le pourquoi du comment. Quand son prédécesseur, Bernard Accoyer ( à l’époque), avait 13 collaborateurs, ce qui est déjà bien, pour un budget de 3,15 millions d’euros en 2011, en engage 19 pour un budget de 4,4 millions d’euros. Diantre, qu’est-ce qui justifie un tel surcroît d’activité ? On n’a pas le moindre début de réponse. L’efficacité du palais Bourbon, et de l’hôtel de Lassay en particulier, s’est-elle améliorée ?

Apparemment, la rigueur n’est pas la même pour tous. Pendant que les Français se serrent la ceinture parce que la crise de 2008 n’en finit pas de s’éterniser, quelques caciques socialistes et leurs protégés s’en mettent plein les fouilles. Comme disait si bien Coluche, « Chez nous, les fins de mois sont difficiles, surtout les 30 derniers jours ! » Mais l’ami Claude ne se sent apparemment pas concerné.

Où sont donc passées les bonnes intentions du début de mandat, ce « devoir d’exemplarité » qu’il a assené à ses collègues députés, dont il a rebattu les oreilles aux agents du palais Bourbon. Sa première mesure a été de geler le budget général de l’Assemblée et de réduire de 10 % le montant de l’indemnité de frais de mandat (IRFM) que touchent les députés. Soit une baisse de 640 euros par mois pour les parlementaires. Le bel exemple… Et nos confrères de Marianne de souligner perfidement que ce que le cabinet de Bartolone s’est accordé correspond à l’ d’IRFM réalisée par 31 députés… Plus simplement, Don Bartolone (comme le surnomment certains de ses collègues parlementaires) a dépouillé Pierre et les autres pour habiller Claude et son cabinet. C’est vrai, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Il y aurait beaucoup de leçons à tirer de ce énième épisode politico-financier. J’en vois deux importantes. La première est que la gauche caviar n’est pas morte. Mieux : elle ressuscite. Tapie fait son retour. Tonton, dont on va fêter le 20e anniversaire de la mort et qui est l’archétype de cette gauche qui se donne bonne conscience avec l’argent des autres, devient carrément "hype".

La seconde est que les politiques de l’LRPS (herpès) ont intérêt à poursuivre dans cette voie. En 2017, ils se réveilleront avec la gueule de bois. Que ce soit après une bonne soirée arrosée avec du champagne, du Petrus, des langoustes ou du caviar, ce n’est jamais très bon…

25 décembre 2015

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