Non, cher Dominique Jamet, je ne suis pas allé me mêler à l'immense foule car je ne suis et je ne serai jamais Charlie. Ce qui ne signifie nullement que j'approuve ou que je justifie, en quoi que ce soit et pour qui ou quoi que ce soit, ce terrible massacre qui a décapité le meilleur d'une rédaction. Ces hommes et cette femme de étaient libres comme rêvent de l'être nos journalistes, comme le sont ceux qui écrivent ici sur Boulevard Voltaire. Ils étaient tellement libres qu'ils avaient tous les excès de cette liberté. Tellement libres de dessiner, d'écrire ce qui leur passait par la tête ou par leur crayon qu'ils avaient des ennemis dans tous les domaines, et de tous bords religieux et politiques. Souvent, d'ailleurs, leur liberté les a conduits devant les tribunaux. Mais qui pouvait envisager de les voir condamner au peloton d'exécution ? Qui, sinon, justement, les damnés de la terre, les ennemis de nos nations : les musulmans radicaux, ceux qui appliquent à la virgule près les hadiths et versets laissés par Mahomet dans la seconde période de sa vie guerrière.

Nos confrères de étaient en quelque sorte le défouloir de nos idées les plus farfelues, le recueil des plumes les plus libertaires, le crayon de dessinateurs talentueux irremplaçables. Ils étaient le royaume du non-conformisme. J'ai bien connu Wolinski dans les années 60 à Hara Kiri pour avoir été son voisin de bureau. Je le pleure aujourd'hui. Esprit vif, enjoué, camarade à la plaisanterie facile. Confraternel, il exécutait avec bonheur toutes les facéties du Professeur Choron.

Mais 50 ans plus tard, malgré toute l'affection, l'affliction que je ressens, je ne suis pas Charlie, et je préfère les dessins de Chard dans Présent à ceux de Charb, les caricatures de Plantu à celles de Cabu. Mais cela n'excuse en rien ce qui leur a été fait au nom d'« Allah le miséricordieux ».

Je trouve même scandaleux que Manuel Valls ait appelé les Français à venir massivement manifester en famille, ce qu'il avait refusé aux parents de la Manif pour tous, les avertissant du danger potentiel de participer à une telle manif, alors que dimanche 11 janvier, le danger d'attentats n'aura jamais été aussi réel. Même si, en fin de compte, les islamistes qui veulent sacrifier leur vie en se faisant exploser au milieu de cette immense foule, ou en la rafalant, n'auront pas agi, il est irresponsable d'appeler à être des millions de Charlie dans la rue, car la menace a existé et existera toujours. Et face à des terroristes sacrificateurs qui agissent en solitaires ou en groupe à la demande de l’État islamique ou d'Al-Qaïda, toutes les forces de mobilisées ne pourront pas faire grand-chose.

Mais choisissons d'être optimiste. Dimanche, aucun incident majeur n'aura été signalé. Ils auront été des centaines de milliers, peut-être des millions à manifester - contre quoi, au fait, ou pour quoi ? Pour défendre la mémoire d'une rédaction et des victimes des derniers attentats. Mais pour quel résultat ?

Pour donner à Hollande l'impression d'avoir gagné une guerre ? Mais il s'agit d'une guerre qu'il ne veut pas déclarer. Et pense-t-il récolter les bénéfices de ce terrible massacre dans les prochains sondages ?

Il serait, en tout cas, temps de rassembler les Français de toutes confessions autour d'une réalité : combattre l' radical, séparer le bon grain de l'ivraie, et demander d'urgence aux autorités de l'oumma (si elles existent) d'abroger au plus vite tous les versets et hadits auxquels se réfèrent les barbares musulmans du monde entier pour tuer, décapiter, faire exploser ceux qui ne croient pas en leur prophète.

Mais non, ce n'est pas la volonté de nos gouvernants de reconnaître qui est la bête immonde. La preuve, il ne va pas encourager la manifestation anti-islamiste du 18 janvier que le Préfet de Police, avait jusqu'à hier, dimanche matin, interdite..

Une fois de plus, l'aveuglement socialiste impose le deux poids deux mesures..

12 janvier 2015

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